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Affaire Epstein: l'accusatrice du Prince Andrew dénonce des "excuses ridicules"

La femme qui assure avoir été forcée par Jeffrey Epstein à avoir des relations sexuelles avec le duc d'York a accordé une interview à la BBC.

L'Américaine qui affirme avoir été forcée à des relations sexuelles avec le prince Andrew sous l'emprise du financier Jeffrey Epstein prend la parole. Virginia Giuffre, née Roberts, a accordé une interview à la BBC diffusée lundi soir. 

Elle y explique avoir été présentée au deuxième fils de la reine Elizabeth II, huitième dans l'ordre de succession au trône, par Jeffrey Epstein et sa petite amie de l'époque, Ghislaine Maxwell, lors d'une virée en boîte de nuit, où le prince l'aurait invitée à danser:

"C'était horrible et ce type n'arrêtait pas de me suer dessus", a détaillé celle qui n'avait alors que 17 ans. Elle affirme avoir été forcée à avoir des relations sexuelles avec lui plus tard dans la soirée, puis à deux autres reprises à New York et sur l'île privée dans les Caraïbes de Jeffrey Epstein, qui s'est depuis suicidé en prison.

"Je me sentais sale"

"C'était dégoûtant", poursuit-elle. "Il n'était pas méchant ou autre, mais il s'est levé, il a dit merci et il est parti. Je suis restée assise sur le lit, horrifiée et honteuse, je me sentais sale et il fallait que je me lève et que j'aille prendre une douche. Le lendemain, Ghislaine m'a dit que j'avais fait un très bon boulot."

"C'était une période très effrayante de ma vie", poursuit-elle, en larmes. Je venais d'être agressée par un membre de la famille royale (...) Ces personnes de pouvoir étaient mes chaînes. Je ne savais pas ce qui pouvait arriver, et je ne pouvais pas comprendre comment ceux au plus haut niveau du gouvernement et ces personnes de pouvoir pouvaient autoriser ça et pas seulement l'autoriser, mais y participer."

Le prince avait démenti "catégoriquement" ces accusations fin octobre dans une interview jugée désastreuse sur la BBC qui l'a poussé à se retirer depuis de la vie publique. Il y arguait qu'une maladie l'empêchait de suer et qu'il ne se souvenait pas d'avoir rencontré cette jeune femme. À propos d'une photographie où il la tient par la hanche, le duc d'York avait antérieurement affirmé ne pas en avoir de souvenir, insinuant qu'elle avait été retouchée. 

"Les personnes impliquées vont évidemment continuer d'utiliser ces excuses ridicules comme quoi on aurait rallongé son bras ou bien que la photo a été retouchée", explique Virginia Roberts dans l'entretien. "Ce sont des conneries!", s'est-elle insurgée. "Il sait ce qui s'est passé, je sais ce qui s'est passé. Et un seul d'entre nous dit la vérité". 

"J'implore les Britanniques de me soutenir, de m'aider à mener ce combat, de ne pas accepter (...) l'histoire d'un abus (sexuel) qui concerne votre famille royale", conclut Virginia Roberts.

Pas d'enquête criminelle

Depuis le tournage de ce programme d'une heure de la BBC, Buckingham Palace a déclaré qu'Andrew "regrettait sans équivoque (son) association mal-avisée avec Jeffrey Epstein", mais a "nié catégoriquement que le duc d'York ait eu un quelconque contact ou relation sexuelle avec Virginia Roberts". La police britannique a confirmé la semaine dernière qu'il n'y aurait pas d'enquête criminelle au Royaume-Uni.

Le prince Andrew pourrait toutefois être amené à comparaître devant la justice. L'avocat des cinq femmes qui l'accusent d'avoir abusé d'elles a déclaré à la chaîne britannique qu'il envisageait de déposer des assignations à comparaître, de manière à ce que le duc d'York soit contraint de témoigner dans les cinq affaires.

Benjamin Pierret avec AFP