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"Ginny & Georgia", la nouvelle série Netflix, culottée, féministe et engagée

Ginny & Georgia

Ginny & Georgia - Netflix

Sur Netflix depuis le 24 février dernier, cette nouvelle série de 10 épisodes s'est rapidement classée en tête des programmes les plus regardés sur la plateforme en France.

Deux mois après Bridgerton, une nouvelle série Netflix s'impose comme le succès du moment. Ginny & Georgia, disponible depuis le 24 février dernier, s'est rapidement classée en tête des programmes les plus regardés sur la plateforme en France. Outre-Atlantique, elle s'est attiré les foudres de Taylor Swift à la suite d'une réplique jugée sexiste par la popstar - une critique malheureuse qui a toutefois donné un vrai coup de projecteur à ce feuilleton de 10 épisodes, qui mélange comédie, drame, histoires d'ados et une dose de thriller.

Créée par Sarah Lampert, Ginny & Georgia, c'est l'histoire d'une lycéenne de 15 ans, la sérieuse et timide Ginny (Antonia Gentry), qui débarque dans la petite fille de Wellsbury avec sa mère, la belle et pétillante Georgia (Brianne Howey), qui l'a eue adolescente. Chacune à leur manière, et avec l'aide l'une de l'autre, la mère et sa fille vont s'adapter à leur nouvelle vie.

(Presque) comme "Gilmore Girls"

Grossesse adolescente, complicité mère-fille, fille intello et mère extravertie, intrigue qui se déroule dans une petite ville américaine... Difficile de ne pas faire le parallèle avec le feuilleton culte du début des années 2000 Gilmore Girls. La série Netflix s'amuse même de cette comparaison quasi-inévitable, quand Georgia lance à sa fille, amusée: "On est comme les Gilmore Girls, mais avec des plus gros seins". Mais la similitude s'arrête là.

Car contrairement à Gilmore Girls et son univers majoritairement feel-good qui était tout public, Ginny & Georgia a sa part d'ombre, de drames et de mystères. À commencer par le passé sombre de la mère, entre violences domestiques, vie de nomade et crimes que l'on découvre dans des flash-backs au fil des épisodes. Du côté des personnages adolescents, qui parlent sans complexe de sexe et de drogue, sont mis en scène des problèmes d'anorexie mais aussi d'automutilation dans des scènes assez dures (un message de prévention est d'ailleurs mis en avant par Netflix, qui déconseille la série au moins de 16 ans).

Georgia est est par ailleurs la mère d'Austin (Diesel La Torraca), adorable petit garçon aussi anxieux que fan de Harry Potter. Le père du gamin, qui n'est pas le même que celui de Georgia, est en prison.

Une représentation réaliste des ados d'aujourd'hui

Du côté des personnages secondaires, ils sont nombreux à graviter autour de Georgia et Ginny. Il y a Joe, l'attachant patron du café du coin, Paul Randolph, le maire de Wellsbury qui ne tardera pas à succomber au charme de Georgia, ou encore Ellen Baker, la voisine qui n'hésite pas à partager le sachet d'herbe qu'elle a confisqué à son fils.

Ginny se retrouve, elle, au milieu d'un triangle amoureux, entre le gentil Hunter et le mystérieux Marcus (le fils d'Ellen). Elle se lie très vite d'amitié avec la sœur jumelle de ce dernier, Maxine, et ses copines Abby et Norah, mais non sans difficultés, non-dits et ce besoin d'acceptation propre à l'adolescence. Les relations entre les lycéens sont d'ailleurs représentées de manière bien plus réaliste que dans de nombreuses séries mettant en scène des jeunes, et leur utilisation des réseaux sociaux est intégrée de façon intelligente au scénario, mais aussi aux dialogues.

Féminisme et discrimination

2021 oblige, Ginny & Georgia est aussi une série qui se veut engagée et qui met en avant des sujets actuels, peu (voire pas) explorés dans les feuilletons des années 2000: le plaisir féminin, l'homosexualité...

La discrimination et le racisme sont eux illustrés à travers Ginny, fille d'une femme blanche et d'un homme noir. L'ado indique qu'ils ne sont que sept élèves noirs dans son lycée, fait l'expérience douloureuse de se faire coiffer ses cheveux frisés par une dame qui n'y connaît rien, et est la seule au sein de son groupe de copines (toutes blanches) à être interpellée pour vol dans une boutique.

Et malgré la référence aux conquêtes de Taylor Swift qui passe mal auprès de la concernée, la série se présente comme résolument féministe, notamment avec des prises de position de Ginny lors de son cours de littérature. Quant à Georgia, à laquelle aucun homme ne résiste, elle cache sous ses airs de Barbie un vrai désir de vengeance et une volonté de se servir de sa beauté comme d'une arme au milieu d'un monde masculin.

Nawal Bonnefoy