BFMTV

Qui est la romancière Christine Angot, nouvelle chroniqueuse d’On n’est pas couché? 

Christine Angot sur le plateau de "L'Emission politique", le 23 mars 2017

Christine Angot sur le plateau de "L'Emission politique", le 23 mars 2017 - France 2

Elle a été choisie pour rejoindre Laurent Ruquier et Yann Moix à la rentrée. Christine Angot, nouvelle dans l’exercice de chroniqueuse télé, n’en sera pas à sa première apparition sur le petit écran. Engagée et radicale, elle s’est imposée comme une star des plateaux par ses prises de position assumées. Portrait d’une auteure aussi adorée que détestée.

Quelques jours après l’annonce du départ de Vanessa Burggraf, On n’est pas couché a déjà trouvé sa nouvelle chroniqueuse. C’est Christine Angot, romancière de 58 ans plusieurs fois primée, qui rejoindra Yann Moix et Laurent Ruquier sur le plateau du talk-show de France 2 à la rentrée. Une arrivée annoncée par Le Monde ce mardi et rapidement confirmée par l’attachée de presse de l’animateur à l’AFP.

L’auteure de L’inceste, Les Désaxés ou encore Une semaine de vacances signera sa première expérience en tant que régulière sur un plateau de télévision. Cependant, celle qui a été décorée de l’insigne d’officier des Arts et des Lettres en 2013 est déjà bien connue des téléspectateurs: avec ses engagements politiques et ses prises de position, Christine Angot s’est plusieurs fois illustrée par ses interventions incisives. Notamment face à François Fillon dans L’Émission politique le 23 mars dernier, pendant la campagne présidentielle.

Au cours de cet échange houleux, Christine Angot a notamment reproché au candidat ses propos "malhonnêtes" et sa tentative de "chantage au suicide" en évoquant Pierre Bérégovoy. Brute, radicale, et enflammée dans ses argumentations, l'écrivain, née à Châteauroux en 1959, ne fait jamais dans la demi-mesure. Quitte à diviser. À agacer. Ou à choquer. 

La télé, son terrain de jeu

Auteure à succès, qui a connu la reconnaissance en 1999 avec L'inceste (dans lequel elle revient notamment sur son enfance difficile et les viols par son père), Christine Angot s'est très vite construit une réputation d'écrivain sulfureux et controversé, dont chaque apparition à la télévision se transforme presque en spectacle. Depuis 20 ans, elle multiplie les apparitions télé, notamment dans les talk-shows, et profite de ses passages dans les émission de Bernard Pivot, Guillaume Durand, Laurent Ruquier ou Thierry Ardisson pour affirmer son caractère explosif et son style cash.

Si elle reçoit de nombreux prix littéraires (le Prix France Culture en 2005 pour Les Désaxés et Une partie du coeur ou le Prix de Flore en 2006 pour Rendez-vous), l'écrivain se permet aussi d'en refuser. C'est le cas en 2012 où lui est remis le prix Sade pour son roman Une semaine de vacances... qu'elle décline, assurant que "l'image de ce prix est en contradiction totale avec le livre".

Des prix... et des procès

Quand elle ne se raconte pas, Christine Angot puise dans la vie de ses proches pour construire ses romans. Ce qui lui vaudra aussi des procès, comme en 2011 où l'ex-femme de son compagnon actuel obtient 40.000 euros pour atteinte à la vie privée après s'être reconnue dans Les Petits. Sa vie, la star littéraire castelroussine la raconte et l'analyse dans ses livres sans faux-semblants. Comme dans son dernier roman Un amour impossible où elle retrace la rencontre et l'histoire d'amour vénéneuse de ses parents et pioche dans ses souvenirs pour évoquer les figures du père et de la mère qui la hantent tant. 

Si la romancière se tourne vers le passé pour écrire, c'est le présent qui inspire ses combats de femme. Engagée, provocante et incisive, Christine Angot affiche ses opinions dans les médias. Si elle tient (ou a tenu) des chroniques littéraires régulières dans Libération, Le Monde, Le Point ou Télérama, elle dresse également à plusieurs reprises les portraits d'homme et femmes politiques d'aujourd'hui, de Marine Le Pen à Nicolas Sarkozy en passant par Dominique Strauss-Kahn.

Lettre à François Hollande

En marge de ses livres, Christine Angot a trouvé ces dernières années dans les médias un terrain de jeu pour s'exprimer. Exprimer des idées qui passent rarement inaperçues. A l'instar de cette lettre ouverte adressée en février dernier à François Hollande dans le Journal du Dimanche où elle lui "demande de ne pas déserter" et de se représenter à l'élection présidentielle.

"Vous ne pouvez pas laisser pourrir la situation, écrivait notamment Christine Angot. Vous ne pouvez pas laisser le pays se décomposer comme c'est en train de se passer. Vous ne pouvez pas laisser le pays se désintégrer. On est chez nous. Nous aussi, Monsieur le Président, on est chez nous. Vous ne pouvez pas quitter le navire comme ça. Pas en ce moment. Il faut que quelqu'un fasse quelque chose, et il faut que ce soit vous. Il n'y a plus que vous. Ayez le courage. Relevez le gant."

Christine Angot, qui court toujours après le Goncourt, est autant aimée que détestée par les critiques littéraires. Celle qui n'a pas peur des affrontements (François Fillon ne dira pas le contraire) participe aussi régulièrement à des lectures pour aller à la rencontre de ses lecteurs. "Quand je fais une lecture, ce que j’aime, c’est communiquer le plaisir de l’écrit. Le plaisir, pour ne pas dire le bonheur, qu’il y a à écrire", confiait en février au Figaro Madame celle qui avoue avoir été "sauvée" par la psychanalyse. Et écrire, Christine Angot continuera de le faire. Tant pis pour ses détracteurs.