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Sylvie Vartan invitée de BFMTV: "Je ne profite pas de Johnny"

Sylvie Vartan sort ce vendredi un album de reprises de Johnny Hallyday. Elle répond sur BFMTV aux questions de Ruth Elkrief.

Près d'un an après la mort de Johnny Hallyday, Sylvie Vartan qui fut sa femme pendant 15 ans, sort ce vendredi un album de reprise de quelques-uns de ses grands tubes. Retiens la nuit, Toute la musique que j'aime, mais aussi Sang pour sang, écrit par leur fils David Hallyday figurent sur cet album.

La chanteuse est l'invitée de Ruth Elkrief, sur le plateau de BFMTV, ce jeudi soir.

Vous sortez un album très particulier qui s’intitule Avec toi et qui est signé "Sylvie", pas Sylvie Vartan dans lequel vous reprenez les grands succès de Johnny. Comment avez-vous construit cet album? La pochette est sublime…

J’aime beaucoup la pochette. La photo est de Jean-Marie Perrier qui est notre ami d’enfance je dirais, car il nous a suivis dans toute notre vie. Il nous connaît par cœur.

Dans cette période vous étiez indissociables…

C’est la période des débuts, c’est la passion, la découverte, la jeunesse. Alors, forcément, ça a un côté nostalgique, surtout quand l’un des deux est parti. C’est très difficile à assumer, on se rend compte après, quand le temps a passé, que c’est encore pire. Le vide et le manque se font sentir encore plus pressants. Sur le moment je n’arrivais pas à réaliser et aujourd’hui j’ai du mal à penser qu’il n’est plus. Ce qu’on a connu ensemble est tellement unique ! C’était sous la lumière, on était « tout jeunes », adolescents, on était gamins même ! On a dû faire l’apprentissage de la vie…

C’est votre histoire, c’est l’homme que vous avez aimé pendant des années, vous avez travaillé avec lui, vous avez chanté avec lui, vous lui rendez hommage… est-ce une façon de dire "il m’appartient toujours"?

C’est mon premier amour, il m’appartient oui ! Bien sûr ! Toute cette époque m’appartient. Maintenant il appartient à ses enfants mais toute cette époque c’était la nôtre et personne ne peut changer quoi que ce soit.

Certains vont vous dire que ce disque, un an après sa mort, a un but mercantile…

Ça fait 55 ans que je fais des disques, alors évidement on peut dire que les disques sont mercantiles mais je lui rends hommage sur scène et la réaction des gens et absolument poignante.

Vous chantez dans cet album Sang pour sang et Mirador et Vivre pour le meilleur qui sont deux titres composés par David, votre fils. David Hallyday commence lui aussi à s’exprimer, à sortir un peu de sa réserve…

Lui aussi a du mal. Cette année a été très violente pour lui. Il l’a rendue dans sa musique. J’ai moi-même beaucoup de mal à chanter « Sang pour sang ».

Êtes-vous toujours en colère ou cela va-t-il mieux maintenant ?

La colère ne change rien. On laisse faire les choses, on a confiance en la justice ; c’est tout ce que nous pouvons faire. Nous n’avons pas à épiloguer, commenter, alimenter le cirque médiatique.

Le dernier disque de Johnny est sorti, c’est un immense succès…

Ça prouve combien les gens l’aiment.

Vous l’avez écouté ?

Non.

Vous ne voulez pas l’écouter là, maintenant ?

Non. Je ne peux pas écouter ces chansons-là en pensant que c’était la dernière fois. Il le savait, lui, et ça me glace. Je ne peux pas. Je veux me souvenir de lui dans sa folie, son côté solaire, sa bonté, son merveilleux sourire.

Vous êtes prête à supporter éventuellement des reproches sur le thème, ce disque ou le disque de David qui sont votre manière de vous exprimer, par la musique, mais qui sont aussi une manière de surfer sur ce grand succès de Johnny, ce retour de la famille…. Peut-être que Laetitia pourrait être en colère…

C’est mal me connaître que de dire que je profite de Johnny. On a toujours un dernier homme, une dernière femme… mais ce n’est pas le problème. Ce qui est important c’est comment nous agissons. Je n’ai jamais profité en rien. Artistiquement on a partagé des choses c’est certain. C’est lui qui m’a toujours demandé d’aller chanter avec lui.

Est-ce que vous espérez aujourd’hui que tout ça va s’arranger ? Est-ce que vous croyez que c’est possible ?

Ça dépend de la justice. Je pense que le droit moral, artistique, revient aux enfants qui sont les héritiers. Je dirais également que David, étant musicien lui-même, ayant accompagné son père, ayant chanté avec son père, est né avec cet héritage. C’est son sang. Laura est une artiste aussi. On ne peut pas leur retirer ce qu’ils ont. Ils l’auront toujours.

Il y a eu un rendez-vous judiciaire cette semaine où ils demandaient –David et Laura- d’avoir 75% des revenus avec leurs petites sœurs Jade et Joy…

C’est normal.

Vous êtes allée à Saint-Barth ?

Non, je n’ai pas voulu.

Ruth Elkrief