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Mon pays c'est l'amour: nous avons écouté le dernier album de Johnny Hallyday

La pochette de l'album posthume de Johnny.

La pochette de l'album posthume de Johnny. - Warner

Quelques fans et journalistes - quelque 80 personnes - avaient été conviées à écouter ce lundi chez Warner, l'album posthume de Johnny, qui sortira vendredi. Premières impressions.

Une poignée de fans, des journalistes... le public invité à écouter en avant-première ce lundi à Paris, l'ultime album de Johnny dans les locaux de la Warner, sa maison de disques depuis 2006, était trié sur le volet. C'est là également que le chanteur avait répété avant ses précédentes tournées.

Les fans, une trentaine, avaient été sélectionnés par l'intermédiaire du fan-club de Johnny. Ils sont entrés par une "fanzone", les professionnels par une autre entrée. C'est équipé d'un casque que chacun a pu découvrir Mon pays c'est l'amour, l'album qui déferlera vendredi dans les points de vente de France: huit cent mille exemplaires de l'album seront distribués.

On s'installe, et on écoute.

Certains titres sont particulièrement marquants: ceux du début et de la fin du disque, les quatre premiers: J’en parlerai au diable, Mon pays c’est l’amour, Made in rock'n'roll, Pardonne-moi.

Interprétation post-mortem

Mais aussi Tomber encore, écrit par un fan. Et le très émouvant Je ne suis qu’un homme, qui clôt le disque.

Connaissant le contexte dans lequel sort cet album, on s’attendait à un disque avec beaucoup de choses cachées, de paroles posthumes. Tout peut en effet prêter à interprétation, post mortem. C'est aussi, finalement, la première fois que l'on entend la parole de Johnny, ses mots, depuis sa mort. Des mots que l'on ne peut s'empêcher d'interpréter.

Johnny des années 1960

Si tout prend forcément une dimension funèbre, en écoutant l’entièreté de l’album, on peut aussi se dire que les thèmes abordés sont les thèmes classiques chers à Johnny Hallyday. Le rock, une déclaration d’amour à une femme dans Pardonne-moi, une chanson sur la prison, 4m², une chanson d’amour avec en toile de fond Los Angeles, une célébration de l’Amérique dans L’Amérique de William.

Musicalement, on a à la fois un clin d’œil au Johnny des années 1960 et un Johnny plus contemporain, avec des sonorités qui ressemblent plus à celles de ses derniers disques.

A réécouter la voix de Johnny, intacte, très belle, on est étreint par l'émotion.

"Johnny faisait très peu de prises", évoque Maxim Nucci. En général sur cet album ça varie entre deux et peut-être quatre ou cinq prises. Il n'y a eu aucun travail supplémentaire, à part le travail traditionnel de 'composit' qui est un montage des meilleures parties de sa voix". Sur l'étonnante clarté de la voix du chanteur, il ajoute: "Johnny c'était un mystère. Il avait ce truc incroyable. Quand il passait derrière le micro, peu importe l'état d'esprit dans lequel il était, il avait cette faculté de se connecter au sol, se connecter aux mots et d'envoyer le truc. Ca m'a toujours bouleversé. Il chantait quand il fallait chanter. Et il donnait tout. Il ne faisait pas de vocalises à la maison. Son grand truc c'était de tousser un grand coup et puis boum, il envoyait le machin".

L'album se clôt sur cette chanson: Je ne suis qu'un homme, et ces paroles saisissantes: "J’aurais voulu rester, pour le pire, pour le meilleur, mais je ne suis qu’un homme."

mon pays c'est l'amour (extrait)

J’EN PARLERAI AU DIABLE

Si jamais on me dit que j’ai trahi je ne bronche pas/Le jour viendra de répondre de mes actes je ne me cacherai pas/J’en parlerai au diable si l’heure vient à sonner/De m’asseoir à sa table/Et dire ma vérité/J’en parlerai au diable/Il saura m’écouter/Innocent mais coupable/L’homme que j’ai été/J’ai trop flirté avec les limites je l’ai mérité/J’en parlerai au diable si l’heure vient à sonner/M’asseoir à sa table et dire ma vérité

MON PAYS C’EST L’AMOUR

Je viens d'un pays où j’ai choisi de naître/ Un bout de paradis que tu connais peut-être/Je viens d’un pays où on baisse les armes/Mon pays c’est l’amour, mon pays c’est l’amour/Je suis né dans ce coin en même temps que toi/J’ai grandi sous ses doigts en même temps que toi/Je viens d’un pays qui ne m’a jamais quitté

MADE IN ROCK'N'ROLL

C’est pas le temps qui va user ma carcasse/Le temps il se lassera bien avant moi/C’est écrit sur ma peau je suis made in rock'n'roll/C’est pas le vent/Le temps il va tomber bien avant moi/C’est écrit sur mon cœur je suis made in rock'n'roll/Le temps il se lassera bien avant moi/C’est pas l'argent qui me fera tenir en place/L’argent il s’épuisera bien avant moi/C’est écrit sur ma vie je suis made in rock'n'roll/Le temps il se lassera bien avant moi/Ricane pas tu verras/C’est écrit je suis made in rock'n'roll

PARDONNE-MOI

Pardonne-moi, si les silences au fond de moi m’ont rendu sourd/Si les grands soirs ne valent rien quand vient le jour/J’aimerais t’aimer comme il se doit/Pardonne-moi si tu rêvais d’un autre moi, d’une autre vie/Comment pourrais-je tromper la mort quand elle sourit/Encore une fois, encore une nuit, pardonne-moi/Si je tombe, dis-moi qu'aurais-je dû faire de mieux/Pardonne-moi si le volcan au fond de moi ne s’éteint pas/Si la fureur des souvenirs ne s’éteint pas/Personne ne saura mieux que toi/Regarde-nous fermer les yeux face au miroir qui nous foudroie/Sauver l’amour, sauver l’envie une dernière fois/Si je tremble, si je n’ai plus peur des adieux/Si je tombe, dis-moi qu'aurais-je pu faire de mieux/Si le monde n’a de reflet que dans tes yeux/Et si je tombe… dis-moi qu’aurais pu faire de mieux/Si je tremble si je n’ai plus peur des adieux/Si le monde n’a de reflet que dans tes yeux/Serre-moi encore un peu

TOMBER ENCORE

Je ne vois plus que toi quand tu croises les jambes/L’ombre de tes pas et le ciel qui rend/Il me suffit de peu, un pli, un rebours/Que la mer s’ouvre en deux pour tomber à genoux/Fais-moi encore tomber, tomber amoureux fou/Fais-moi encore tomber, tomber à genoux/Tu as tout d’une plage, ta peau de sable blanc/Cette nuit d'orage et ta jupe se fend/Oh moi qui suis naufragé je me sens devenir lourd/Oh laisse-moi tomber, tomber à genoux

JE NE SUIS QU'UN HOMME

Un espoir décimé sur les pages blanches d’un monde si pressé que les trains fantômes/Le cri des oubliés n’a pas trouvé d’écho dans le chœur des hommes/Le monde tant espéré ne verra pas le jour/J'aurais voulu garder le meilleur de l’instant mais je ne suis qu’un homme/Comment rester debout quand l’orage se réveille au fond du cœur des hommes/Que je ne suis qu’un homme/Prisonnier de l’instant en recherche encore un remède au destin/La vie qu’on a rêvée, noyé au fond des fioles, au fond du cœur des hommes/La mémoire dans la peau je me rappelle de tout/J'aurais voulu rester pour le pire le meilleur, mais je ne suis qu’un homme/Le soleil se couche, la rage en moi me rappelle que je ne suis qu’un homme.

M. R. avec Philippe Dufreigne et Candice Mahout