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Le concert du Congolais Héritier Watanabe à l'Olympia interdit après des débordements d'opposants

Le chanteur congolais Héritier Watanabe, dans le clip de sa chanson "B.M"

Le chanteur congolais Héritier Watanabe, dans le clip de sa chanson "B.M" - Lionel Bonaventure - AFP

Face à un contexte extrêmement tendu, la direction de la célèbre salle parisienne avait déjà demandé l'annulation du spectacle.

La préfecture de police de Paris a interdit un concert d'un artiste congolais, Héritier Watanabe, prévu ce samedi soir à l'Olympia après des débordements d'opposants au régime du président Kabila qui ont conduit à trois interpellations, a-t-elle annoncé dans un communiqué.

"Les opposants au régime congolais, mobilisés pour empêcher la tenue d'un concert d'Héritier Watanabe, et tenus à distance de la salle de l'Olympia, se sont livrés, un peu avant 17 heures, à des débordements en particulier vers la place de l'Opéra", a-t-elle indiqué en évoquant des poubelles incendiées.

Trois personnes ont été interpellées

Sur un boulevard proche, les occupants d'un véhicule l'ont par ailleurs "volontairement abandonné et incendié avant de prendre la fuite", a ajouté la préfecture de police (PP) en indiquant que "pour mettre fin à ces débordements inacceptables, le Préfet de police Michel Delpuech décide d'interdire la tenue du concert".

Trois personnes ont été interpellées et "les investigations se poursuivront pour identifier les auteurs de violences", a ajouté la PP.

La PP avait dans un premier temps interdit toute manifestation dans un vaste périmètre autour de l'Olympia de 16 heures à minuit samedi, en raison de "risques de troubles à l'ordre public" liés à la volonté d'opposants au régime du président Kabila d'empêcher le concert de cet artiste considéré comme un soutien du pouvoir. La direction de la salle de spectacle parisienne avait demandé l'annulation du concert et "déposé une plainte en urgence" jeudi face aux menaces "proférées dans un contexte politique complexe en RDC", selon l'une des avocates de l'Olympia, Céline Astolfe.

L'Olympia souhaitait que la Préfecture de police (PP) interdise le concert, "comme elle l'avait fait le 22 juin à la Cigale pour un autre artiste congolais", Fally Ipupa, après des menaces similaires.

"Parce que les gens meurent là-bas au Congo"

Peu après 18 heures, quelque 200 personnes opposées au concert de Héritier Watanabe et rassemblées au carrefour de la place de l'Opéra se réjouissaient de l'interdiction du concert.

"Parce que les gens meurent là-bas au Congo, nous on ne veut pas danser et chanter", a témoigné Lena, 35 ans.

Plusieurs artistes congolais comme Hériter Watanabe sont régulièrement visés par les opposants de la diaspora congolaise, notamment en Europe, qui leur reprochent d'avoir chanté pour le président Joseph Kabila lors des campagnes présidentielles de 2006 et de 2011, et de ne pas chanter pour le changement à la tête du pays.

Joseph Kabila est au pouvoir en RDC depuis 2001. Alors que son mandat est arrivé à échéance le 20 décembre et que la Constitution lui interdit de se représenter, il se maintient à la tête du pays en vertu d'une décision controversée de la Cour constitutionnelle. 

Jé. M. avec AFP