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Britney Spears, Dalida et Boney M... Ces chanteurs utilisés pour torturer

La torture passe par les oreilles, qu'on se le dise.

La torture passe par les oreilles, qu'on se le dise. - -

Faire avouer des détenus? Faire fuir des délinquants? La musique est utilisée pour d'autres fins que d'adoucir les moeurs. Et quels sont les titres les plus utilisés? On vous fait la liste.

Oops! I did it again ou Baby one more time à fond dans les oreilles, il y a de quoi effrayer du monde. Mais saviez-vous que ces deux titres de Britney Spears sont utilisés par la Royal Navy pour faire fuir les pirates somaliens?

Un officier de la marine britannique explique la chose sur le site Metro.co.uk. "Ses chansons ont été choisies par l'équipe de sécurité parce qu'ils pensaient que les pirates les détesteraient. Ces hommes détestent la culture ou la musique occidentale, les titres de Britney sont parfaits."

Ce n'est pas la première fois que les autorités militaires utilisent à des fins de défense ou de torture de la musique. Au grand dam des artistes sélectionnés, ils sont nombreux les cas restés célèbres de tubes détournés de leur mission première pour faire souffrir des détenus ou éloigner des malfaiteurs. BFMTV.com vous a concocté une petite playlist de la torture.

> Dans les camps de concentration: Wagner et Strauss

C'est l'une des controverses concernant l'oeuvre du musicien allemand. Les Nazis ont-ils diffusé des oeuvres de Richard Wagner dans les camps de la mort? Si des témoignages rapportent que les détenus du camp de Dachau, dans les années 1930, auraient été forcés d'écouter les opéras et autres pièces musicales de l'auteur de la Chevauchée des Walkyries afin d'être baignés de "musique nationale", une musique capable de "régénérer l'âme allemande".

D'autres personnes ont affirmé que la musique de Wagner avait également été utilisée dans les camps de la mort. Mais le sujet fait polémique, d'autres spécialistes expliquant qu'il s'agissait plus probablement "des oeuvres de Johann Strauss ou de Franz Lehar" que les prisonniers jouaient à l'arrivée des prisonniers au camp de Dachau-Birkenau.

Des témoignages, rassemblés sur le site Music and the Holocaust, tendent à prouver que la musique, diffusée par hauts-parleurs, reprenait bien du Wagner et du Strauss pour "distraire" les prisonniers. Un brouhaha incessant auquel les détenus avaient bien du mal à se faire. Une manière également de camoufler les cris des personnes torturées, selon les sources citées par ce site.

> Sous la dictature chilienne: Dalida et Julio Iglesias

Dans les geôles de Pinochet, entre 1974 et 1990, la musique était utilisée pour "briser psychologiquement" les détenus. Et quelles oeuvres étaient retenues? En plus des chants militaires traditionnels, rien de moins que Dalida ou Julio Iglesias, selon une étude britannique rendue publique en septembre 2013.

Un ancien détenu a raconté que ses gardiens chantaient Gigi l'amoroso au moment de l'amener en salle d'interrogatoire et de le torturer avec ce fond sonore.

Au programme également les tubes que diffusait la radio chilienne comme la bande originale du film Orange Mécanique de Stanley Kubrick et My sweet Lord de George Harrison. "Un centre de torture dans la rue d'Iran était appelé la discothèque par les agents. La musique servait aussi à couvrir les cris des prisonniers", a expliqué Katia Chornik, chercheuse à l'Université de Manchester, en charge de l'étude.

> A Guantanamo: Metallica, Eminem et Bruce Springsteen

Des chansons à message politique comme Born in the USA (Bruce Springsteen), Fuck Your God (Deicide) ou White America (Eminem), de la pop répétitive comme Baby one more time (Britney Spears), du métal entêtant comme AC/DC ou Metallica... Tels sont les choix musicaux au camp de prisonniers de Guantanamo.

Le but? "Provoquer de la peur, désorienter et prolonger l'état de choc", selon un responsable de l'armée. En bref, faire craquer les détenus soit en leur infligeant un texte en opposition totale avec leurs croyances ou en leur passant en boucle, parfois jusqu'à 20 jours d'affilée les mêmes sonorités particulièrement pénibles. En 2011, Rue89 (en partenariat avec VibrationsMusic.com) présentait la liste des chansons les plus populaires à Guantanamo. MSNBC complétait la playlist avec Nine Inch Nails, Queen, Pantera, les Bee Gees, Dr Dre...

Pire, des détenus ont raconté comment l'armée américaine utilisait le générique de La Rue Sésame ou la chanson de Barney le Dinosaure lors d'interrogatoires extrêmement fatigants.

De nombreux artistes ont, depuis, demandé la publication de tous les titres diffusés à Guantanamo et protesté contre ces pratiques, selon The Daily Beast. L'un des membres de Rage against the Machine, dont les chansons étaient diffusées dans les cellules, proposait à l'époque d'infliger la même chose au président George W. Bush.

> Contre ses ennemis, l'armée américaine mise sur Van Halen, AC/DC...

L'armée américaine est passée maîtresse dans l'art de torturer les oreilles de ses ennemis, bien avant Guantanamo. En 1989, au Panama, lorsque les Américains tenté de capturer le président Manuel Noriega qui s'était réfugié à l'ambassade du Vatican, ils ont diffusé en boucle Panama de Van Halen. Au bout de 11 jours, le siège était levé, rappelle Slate.fr qui évoque également les morceaux diffusés en Afghanistan ou en Irak.

Lors du siège de Fallujah, c'est Hell's Bells d'AC/DC qui a été diffusée par les canons acoustiques américains, rappelle Rue 89 qui explique que l'ancien maire d'Abu Ghraib a été soumis "de manière incessante" à un couplet de la chanson Rivers of Babylon de Boney M.

> Contre les jeunes, du classique en Belgique, "Copacabana" en Australie

Si elle n'est pas ici utilisée à des fins de torture, la musique a néanmoins été utilisée par le bourgmestre de Courtrai, en Belgique, comme une arme pour disperser les groupes de jeunes qui se rassemblaient dans un parc public. La municipalité "soucieuse d'éviter les nuisances" avait donc choisi la musique classique pour "éloigner les fêtards", expliquait Le Monde en juillet 2012. Vivaldi, Beethoven ou Mozart au programme.

Un modèle qui a également été tenté à Sydney en 2008, rapporte Time Magazine. Le long de la promenade en front de mer, les autorités ont décidé de diffuser Copacabana de Barry Manilow, en accompagnement d'un éclairage rose pour faire fuir les jeunes délinquants qui s'en prenaient aux passants.

> Testez vous-mêmes!

Si vous vous décidiez à entrer dans un conflit de longue durée avec vos voisins ou dans un siège intensif de votre moitié, peut-être aurez-vous besoin d'un petit coup de main musical... Voici donc la playlist non-exaustive inspirée des exemples ci-dessus.

N'hésitez pas à nous dire lequel de ces morceaux est le plus efficace !

V.D.