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Sur Instagram, un directeur de casting dénonce les travers de la mode

Des mannequins défilent durant la Fashion Week de Paris

Des mannequins défilent durant la Fashion Week de Paris - Alain Jocard - AFP

Un post Instagram du directeur de casting James Scully pointe du doigt les discriminations subies par certains mannequins.

La Fashion Week de Paris touche à sa fin. Et si cette semaine de la mode a permis aux créateurs de présenter leurs nouvelles créations, elle a aussi été témoin d'une petite révolution 2.0 qui a épinglé certains travers qui se passent en coulisses. Le 27 février dernier, la veille du coup d'envoi des défilés, le directeur de casting James Scully s'est servi de sa notoriété pour dénoncer les méthodes douteuses de certains de ses confrères. 

Un casting sadique, cruel et dangereux

Sur son compte Instagram, où il est suivi par près de 20.000 personnes, l'homme a notamment pointé du doigt l'attitude discriminatoire de la maison Lanvin. "Plusieurs agents, dont certains sont noirs, m’ont dit qu’ils ont reçu pour ordre de Lanvin de ne pas leur présenter de femmes de couleur", a-t-il écrit sous une photo. 

L'homme ne s'est pas arrêté là, puisqu'il a aussi raconté comment un casting pour le défilé Balenciaga a tourné au cauchemar pour une centaine de jeunes femmes. James Scully dévoile comment les directeurs de casting Maida Boina et Rami Fernandes, des "maltraiteurs en série" selon lui, "ont fait attendre 150 filles dans les escaliers en leur disant qu’il fallait qu’elles y restent trois heures et qu’elles ne pouvaient pas partir" et sont partis en pause déjeuner, laissant les mannequins plusieurs heures dans le noir complet. 

"Ce n’était pas seulement sadique et cruel, mais dangereux. Plusieurs des filles avec qui j’en ai parlé ont été traumatisées", confie-t-il.

Les "maltraiteurs en série" aussitôt licenciés 

Si de nombreuses rumeurs circulent sur l'industrie de la mode, il est rare que l'un de ses acteurs ose sortir du silence pour aborder des sujets tels que le racisme ou la pression que subissent les mannequins. L'impact de ce post Instagram a évidemment été immédiat: James Scully a reçu plus d'un millier de commentaires de remerciements de la part de jeunes femmes n'ayant jamais osé s'exprimer au sujet de ces mauvais traitements, et qui se disent pour beaucoup soulagées que leurs bourreaux aient été dénoncés.

Car quelques heures seulement après la diffusion de ce message sur le réseau social, la maison Balenciaga a annoncé le renvoi immédiat de Maida Boina et Rami Fernandes avant de s'excuser "auprès des agences de mannequins qui ont été affectées par cette situation en particulier". De son côté, Lanvin a nié les accusations.

Dans une interview pour le site Vogue US qui le décrit comme un "lanceur d'alerte", James Scully a confié qu'il ne s'attendait pas à de telles répercussions. "Je voulais lancer un débat et ouvrir une porte, j’ai l’impression d’avoir fait exploser la maison", a-t-il dit. "Maintenant, les filles ont une voix. Je pense qu’il faut continuer". 

Nawal Bonnefoy