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Louis Vuitton retire les pièces inspirées par Michael Jackson de sa prochaine collection homme 

Un mannequin pendant le défilé Louis Vuitton prêt-à-porter homme automne/hiver 2019

Un mannequin pendant le défilé Louis Vuitton prêt-à-porter homme automne/hiver 2019 - Capture d'écran Youtube

La marque a annoncé qu'elle ne commercialiserait pas les pièces "qui comportent des références directes à Michael Jackson". Le directeur artistique Virgil Abloh, à l'origine de la collection inspirée par son idole, est conscient que le défilé pouvait "provoquer des réactions émotionnelles" après la diffusion du documentaire Leaving Neverland.

S'il frappe surtout le monde de la musique, et bouleverse les fans dans le monde entier, le documentaire Leaving Neverland n'épargne pas la mode. Diffusé au début du mois sur la chaîne américaine HBO, le documentaire de Dan Reed relance les accusations d'agression sexuelle et de pédophilie contre Michael Jackson. Depuis, plusieurs radios ont décidé de ne plus diffuser les tubes de la star. Jeudi, c'est Louis Vuitton qui a pris ses dispositions: la marque de luxe a décidé d'effacer toutes les références au roi de la pop de sa collection présentée le 17 janvier dernier, et dont il était l'inspiration principale.

Plus aucune "référence directe" à Michael Jackson

Imaginée par le jeune prodige Virgil Abloh, cette collection avait été présentée lors de la Fashion Week prêt-à-porter homme à Paris, une semaine seulement avant la diffusion du documentaire au festival du film de Sundance. Elle devait être commercialisée d'ici l'automne prochain, au risque de nuire à la réputation de la maison française, en s'attirant les foudres des personnes ayant choisi de boycotter le chanteur.

Dans un communiqué publié par le site mode WWD, la marque a annoncé qu'elle ne commercialiserait finalement aucun des produits "qui comportent des références directes à Michael Jackson". Louis Vuitton a assuré que le reste de la collection, qui sera disponible en boutique, "reflétera uniquement les véritables valeurs de la marque et de son directeur artistique".

Gants blancs et Billie Jean 

Virgil Abloh, dont c'était le deuxième défilé pour la maison française, avait expliqué en coulisses s'être inspiré de son idole, "l'innovateur le plus important dans l'histoire de la mode masculine" selon lui. Difficile de passer à côté de la référence: les invitations au défilé, dont la scénographie évoquait le clip de Billie Jean, avaient été imprimées sur un gant blanc incrusté de strass.

Les mannequins ont foulé le podium au rythme des tubes du chanteur, parés de pièces inspirées de ses tenues de scène ou encore d'imprimés tirés du film musical de 1978 The Wiz. La pièce maîtresse? Un t-shirt imprimé de l'iconique pas de danse de la star, en mocassins noirs et chaussettes blanches.

Des mannequins pendant le défilé Louis Vuitton inspiré par Michael Jackson
Des mannequins pendant le défilé Louis Vuitton inspiré par Michael Jackson © Louis Vuitton

Un défilé qui provoque "des réactions émotionnelles" 

Dans le portrait dithyrambique que lui consacre le New Yorker, publié en début de semaine, Virgil Abloh affirme ne pas avoir entendu parler de Leaving Neverland. Fan de la star, il assure avoir fait passer l'artiste avant la personne, et concentré sa collection sur "la musique de Michael Jackson qui est admirée de manière universelle, le bon côté du chanteur, son engagement humanitaire".

Ses propos ont aussitôt suscité des réactions acides sur les réseaux sociaux. Cette avalanche de commentaires sur Twitter, qui n'augurait rien de bon, a sans doute précipité la décision de Louis Vuitton. Comme le faisait remarquer le site Vox courant 2018: à l'ère de #MeToo, continuer d'apprécier le travail d'un artiste accusé d'abus sexuel n'est pas anormal - mais mettre en avant son art ne doit pas être une excuse pour éviter d'évoquer les accusations dont il fait l'objet.

"Mon intention était de faire référence à une icône de la pop culture. Je suis conscient qu'à la lumière du documentaire, le défilé provoque des réactions émotionnelles", a finalement indiqué Virgil Abloh jeudi à WWD. "Je condamne fermement toute forme d'abus, de violence ou violation des droits de l'homme concernant des enfants."

Le bien-être des enfants, cause importante pour Vuitton

Michael Burke, président et directeur général de Louis Vuitton, a de son côté déclaré: "Nous trouvons les allégations du documentaire profondément troublantes et dérangeantes. La sécurité et le bien-être des enfants sont un sujet de la plus haute importance pour Louis Vuitton. Nous sommes déterminés à défendre cette cause."

A l'heure où même les plus grandes marques de luxe ne sont pas épargnées par la controverse, Louis Vuitton a peut-être évité, de peu, le bad-buzz qui menaçait la marque. En l'espace de quelques mois seulement, les maisons Prada et Gucci ont été accusées de blackface, Burberry de faire l'apologie du suicide, et Dolce&Gabbana de racisme envers la communauté asiatique.

Nawal Bonnefoy