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Jean Rochefort: sa passion dévorante pour les chevaux

Jean Rochefor à la cérémonie des César en 2011

Jean Rochefor à la cérémonie des César en 2011 - Patrick Kovarik - AFP

Le comédien français vouait une véritable passion pour les chevaux et le monde équestre. Retour sur cet amour pour lequel il a fait de nombreux sacrifices, aussi bien personnels que professionnels.

A lui aussi, le cheval, c'était son dada. Plus que ça même. Une passion dévorante. Qui ne l'a jamais quitté toute sa vie. Avec la mort de Jean Rochefort, le monde du cheval perd l'un de ses plus élégants ambassadeurs et l'un de ses plus ardents défenseurs. Le comédien, l'un des plus populaires du cinéma français, s'est découvert cette passion sur un plateau de cinéma, forcément. C'était au début des années 1960 sur le tournage de Cartouche de Philippe de Broca.

Ce coup de foudre pour les chevaux va le conduire à prendre des cours d'équitation, puis Jean Rochefort va continuer à développer cette passion nouvelle, n'hésitant pas à fréquenter les haras et à s'offrir celui de Villequoy, à Auffargis dans les Yvelines, comme le rappelle Le Point. Une trentaine de poulains y naîtront. Cette passion, qui coûte cher, l'obligera parfois à accepter des films plus par nécessité que par goût artistique, un moment de sa vie qu'il qualifiera de période "avoine et foin".

Les chevaux, son deuxième métier

Sa passion pour les chevaux et le monde équestre l'aura même conduit à endosser un poste inattendu: celui de consultant pour France Télévisions. A l'occasion des Jeux olympiques d'été en 2004 et 2008, le groupe, qui diffuse l'événement, le choisit pour commenter les différentes épreuves équestres. Sa connaissance du sujet, son enthousiasme débordant et son humour feront la joie des téléspectateurs. 

Si son grand-père avait une compagnie de fiacres à Dinan, ce n'est donc que sur le tard que Jean Rochefort découvre le monde équestre et commence à monter à cheval, à 30 ans. Dès lors, cette passion ne le quittera plus et il y consacrera la moitié de son temps. "C'est un métier", confiera l'acteur dans l'émission Tout le monde en parle en 2003. A l'écran, il n'est alors pas rare de voir le comédien sur le dos d'un cheval, comme ce fut le cas pour une hilarante scène d'Un éléphant, ça trompe énormément ou l'inachevé The Man Who Killed Don Quixote de Terry Gilliam. Mais le tournage de ce film est longtemps resté en travers de la gorge de Jean Rochefort.

Le cauchemar de Don Quichotte

"Je regrette infiniment l'expérience de Don Quichotte de Terry Gilliam, un metteur en scène pour lequel je n'ai plus d'estime, lâchait le comédien français dans Le Figaro. Le tournage, inachevé, a été interrompu par une hernie foudroyante. De plus, j'avais accepté de monter sur un cheval qui, pour ressembler à Rossinante, n'avait pas été nourri pendant quarante jours. Les soigneurs avaient des pommes accrochées dans le dos pour qu'il marche. Deux jours après mon arrêt, le cheval est mort.

"Moi, l'homme de cheval, j'avais accepté cette horreur! À la douleur physique, au renoncement du rôle, s'ajoutait la honte. Mon psychiatre m'a aidé à faire sortir peu à peu tous ces maux. Et à me relever d'une grave dépression."

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Sur cet amour pour les chevaux, Jean Rochefort s'était longuement confié dans un entretien au site Cheval-savoir en 2011, revenant sur sa "découverte passionnante, amoureuse, passionnelle donc douloureuse" pour cette rencontre faite sur le tournage de Cartouche. L'acteur et cavalier, qui se décrivait "plus comme un amoureux des chevaux qu’un compétiteur", y parlait de son engagement pour la défense des chevaux maltraités, de son regard sur l'équitation et de son élevage. Une déclaration d'amour pour un monde équestre, qui comme celui du 7ème Art, est aujourd'hui aussi en deuil.

Fabien Morin