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Harvey Weinstein remis en liberté contre une caution d'un million de dollars

Le producteur américain, inculpé ce vendredi pour un viol et une agression sexuelle, a été remis en liberté moyennant une caution d'un million de dollars.

Le producteur de cinéma Harvey Weinstein, accusé par des dizaines de femmes d'agressions sexuelles, a été inculpé vendredi à New York pour un viol et une agression sexuelle. Il a été remis en liberté vendredi après son inculpation, moyennant une caution d'un million de dollars cash (ou 10 millions si un garant de caution judiciaire fournit la somme), le port d'un bracelet électronique et la remise de son passeport aux autorités.

Les conditions de sa remise en liberté ont été définies lors d'une brève audience devant un juge de Manhattan, conformément à un accord trouvé au préalable entre le procureur de Manhattan et son avocat, Ben Brafman.

Harvey Weinstein, 66 ans, en veste bleu marine sur pull bleu et chemise claire, trois livres sous le bras, était arrivé peu avant 07h30 locales (11h30 GMT) au commissariat du sud de Manhattan, non loin de là où il avait un temps des bureaux et à une courte distance aussi de sa maison de Greenwich Village.

Attendu par des dizaines de caméras du monde entier, il n'a fait aucune déclaration. C'est la première fois depuis le début de l'affaire en octobre 2017, que Harvey Weinstein va devoir rendre des comptes à la justice.

Viol et fellation

Il a fallu des mois de pression sur le procureur, pour qu'il accepte d'inculper Harvey Weinstein. Ce sont des crimes sexuels qui se sont produits il y a plusieurs années. Le procureur a dû sélectionner avec grand soin les plaignantes les plus crédibles.

Selon plusieurs médias américains, l'accusation d'agression sexuelle émanerait de Lucia Evans, une femme qui a témoigné publiquement dans le passé que Weinstein l'avait forcé en 2004 à lui faire une fellation. Aucun détail n'a filtré sur l'accusation de viol.

Il devrait être ensuite remis en liberté, moyennant une caution d'un million de dollars, le port d'un bracelet électronique et la remise de son passeport, aux termes d'un arrangement entre ses avocats et le procureur, selon le New York Times.

Caution d'un million de dollars

Weinstein, qui est représenté par le célèbre avocat new-yorkais Ben Brafman, le même qui avait obtenu en 2011 l'abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire du Sofitel, a toujours démenti avoir eu des rapports sexuels "non consentis".

Depuis les premières révélations du New York Times et du New Yorker en octobre, Harvey Weinstein a été accusé par une centaine d'actrices, dont Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou Asia Argento, mais aussi par des mannequins et ex-employées d'abus sexuels allant du harcèlement au viol.

Au fil des révélations publiées par le New York Times et le New Yorker, récompensés par le prix Pulitzer pour leurs enquêtes, il est apparu que Weinstein - longtemps vénéré pour avoir promu un cinéma original incarné par des réalisateurs comme Quentin Tarantino - avait usé de son pouvoir pour obliger de jeunes actrices ou aspirantes actrices à céder à ses fantasmes sexuels, se faisant parfois aider par ses employés et achetant le silence de certaines victimes via des accords de confidentialité.

Les premiers témoignages contre Harvey Weinstein ont fait l'effet d'une bombe et ont déclenché le puissant mouvement #MeToo, qui a fait chuter des dizaines d'hommes de pouvoir dans des secteurs aussi divers que le cinéma, les médias, la mode, la gastronomie ou la musique.

M.R. avec AFP