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Sugarland: le documentaire qui met en lumière notre consommation excessive de sucre

Gamon Dameau, acteur et réalisateur de "Sugarland"

Gamon Dameau, acteur et réalisateur de "Sugarland" - Universum Film

Damon Gameau, comédien australien, a changé radicalement son alimentation pour consommer autant de sucre qu'un Australien moyen. Une expérience relatée dans le documentaire Sugarland, en salles depuis mercredi.

Le film australien Sugarland, sorti ce mercredi en salles, dénonce avec humour et effets spéciaux l'excès de sucre dans nos assiettes, plus grave encore aux antipodes qu'en France. À la manière d'un Super Size Me, dans lequel l'Américain Morgan Spurlock se gavait de McDonald's pour finir gros et malade, le protagoniste de ce nouveau documentaire change son alimentation pour le pire. 

Dans Sugarland, Damon Gameau passe brutalement d'une alimentation sans sucre ajouté à la consommation d'un Australien moyen: 160 grammes de sucre par jour. Les résultats seront catastrophiques. Prise de poids, détérioration rapide du foie, fatigue, troubles de l'humeur... Pour ce professionnel de l'humour, garder le sourire devient un défi.

27 morceaux de sucre

"Je suis loin d'être aussi efficace qu'avant. J'ai moins de patience. Je suis épuisé. Et je crois que les gens vivent ainsi", confie-t-il à la caméra vers la fin des deux mois que dure l'expérience. Il trouve étonnamment "facile" de se procurer cette dose quotidienne, l'équivalent de 27 morceaux de sucre.

Certains abus filmés dans Sugarland peuvent paraître exotiques, comme ce smoothie bourré de 134 grammes de sucre que boit Gameau aux États-Unis, ou cet adolescent du Kentucky qui à force d'ingurgiter des sodas depuis ses trois ans a vu ses dents rongées.

Et la France ?

Ces 160 grammes par jour en Australie pèsent beaucoup plus que les environ 100 grammes qu'ingèrent les Français. Kyan Khojandi, comédien révélé par la série Bref qui réalise le doublage, l'a ressenti aussi. Il s'est essayé pendant trois semaines à manger sans aucun sucre ajouté.

"C'est compliqué dans un supermarché. Je regardais les étiquettes et je disais: ça, non, ça, non plus... Même dans du jambon en tranches, du sucre. On a envie de demander: qu'est-ce que tu fais là toi?", raconte-t-il.

"Du sucre, il y en a dans tous nos produits industriels. Et les gens, même quand ils veulent faire attention, sont leurrés par toutes les techniques qui poussent à en consommer", souligne Léa Mesnay, diététicienne à Marly-le-Roi.

"Les étiquettes sont difficiles à lire. Dans le poids de sucre, quel est le sucre naturel de l'aliment, et quel est le sucre ajouté? Personne n'a les moyens de savoir. Même pour moi dont c'est le métier, c'est extrêmement compliqué dans un supermarché de trouver un yaourt sain", ajoute-t-elle.

B.P. avec AFP