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Les céréales du petit-déjeuner beaucoup trop sucrées

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Dans les rayons, l’offre de céréales pour petit-déjeuner destinée aux enfants est immense. On y trouve différentes formes (carrées, boules, anneaux, étoiles, oursons) ainsi que différents parfums. Une enquête de la CLCV montre néanmoins un véritable point commun entre elles: des produits en moyenne relativement peu équilibrés nutritionnellement et ce dans plusieurs domaines.

Après être resté toute une nuit au repos, le corps a besoin de recharger ses batteries. Une "recharge" d’autant plus importante pour les enfants et les adolescents qui sont en pleine croissance. Pour démarrer correctement la journée, il est donc important de soigner son petit-déjeuner et d’y consacrer un peu de temps, d'autant que ce repas permet de limiter le grignotage et aide à se concentrer.

"Il doit couvrir à lui seul un quart des besoins énergétiques dont le corps a besoin dans la journée. Il permet d’alimenter en énergie les muscles et le cerveau pour réaliser les tâches quotidiennes, quelles soient mentales ou physiques.", affirme le ministère de la Santé. Qu’on parte au travail ou qu’on aille à l’école, le petit-déjeuner s’avère donc essentiel mais l'association CLCV rappelle qu'il est tout aussi important de bien choisir les produits qui le composent, et les céréales n'en font pas partie.

Son enquête montre en effet que la plupart des céréales prisées par les enfants sont trop riches en sucre et de fait, leur qualité nutritionnelle est très mauvaise. Les experts ont enquêté dans dix enseignes (Auchan, Carrefour, Casino, Super U, Leclerc, Intermarché...) et ont analysé les emballages de 105 marques de céréales. Parmi cet échantillon, 86% sont des produits de marques de distributeurs et le reste correspond aux marques nationales.

Il n’y a pas forcément 100% de céréales

Ces céréales ont été réparties en dix catégories selon leur composition (pétale sucré, pétale chocolat, blé soufflé caramélisé, céréale caramel et chocolat...) et pour chacun de ces produits, la liste des ingrédients et le tableau nutritionnel ont été passés au crible. "Nous avons principalement relevé la quantité de céréales employées ainsi que la nature de certains autres ingrédients (huiles végétales, additifs ).", expliquent les experts de l'association.

Grâce à ces valeurs nutritionnelles, ils ont utilisé le système Nutri-Score, un repère nutritionnel mis en place cette année par le ministère de la Santé pour favoriser une bonne alimentation, afin de savoir dans quelles catégories (A: bon à E: à éviter) les produits se répartissaient. Les résultats ont montré dans un premier lieu que la quantité de céréales n’est pas toujours mentionnée dans la liste des ingrédients car sur les 105 produits, 73% l’indiquent clairement.

Mais pour le reste, "les quantités de céréales ne sont pas mentionnées du tout ou alors uniquement pour certaines céréales mais pas pour l’ensemble des céréales présentes dans la recette. Dans 27% des cas, les consommateurs ne connaissent donc pas la quantité de céréales présentes dans les produits qu’ils achètent.", indique l'association. De même, les quantités de céréales sont variables d’une catégorie à une autre: de 40% (Céréales fourrées au chocolat de la marque Crownfield) à 84% (Minis de Weetabix).

Le règne du sucre

Enfin, les experts ont regardé de près l'utilisation de céréales complètes, présentes dans seulement 51% des produits analysés. "Les recettes gagneraient à utiliser plus de céréales complètes qui contiennent notamment plus de fibres que les non complètes afin d’en augmenter leur teneur. D’autant plus lorsque l’on voit que la population française ne consomme pas assez de fibres.", affirment-ils.

Ces produits sont en revanche plus nombreux à contenir une ou des huiles végétales: 70 produits étudiés, soit 65% en contiennent (excepté les pétales sucrés). Dans 44%, il s’agit d'huile de tournesol et dans 17% du mélange tournesol et coco (dans certaines céréales fourrées). Et si plus de la moitié (54%) des produits étudiés est enrichie en vitamines et minéraux, notamment du groupe B, c'est surtout la présence de sucre ajouté que mettent en avant les auteurs.

Leur analyse a permis d'établir une moyenne d’environ 28 g/100 g de produit. Ainsi, pour une portion de 30 grammes (portion indiquée par les industriels), les céréales de l'échantillon contiennent 1,7 morceau de sucre. Les céréales les moins sucrées (Crousti’Pétal de Chabrior) en contiennent 1,2 et les plus sucrées (Smacks de Kellogg’s) 2,6 morceaux. Sans compter que parfois les enfants, et surtout les adolescents et les hommes, consomment nettement plus qu'une portion de 30 grammes de céréales.

En faire un usage adapté

Ainsi, les céréales pour petit-déjeuner destinés aux enfants sont généralement des produits à fort indice glycémique ce qui explique que, bien souvent, elles ne rassasient pas longtemps. Toutes catégories confondues, 63% des produits se retrouvent dans la catégorie C et 28% dans la D, 3eme et 4eme classe sur cinq dans le système Nutri-Score. Pour le reste, les céréales se répartissent dans les classes A (un seul produit: Weetos, anneaux chocolatés de Weetabix) et B (8%).

La CLCV ne conclut pas qu'il faut absolument les bannir le matin, mais recommande de lire les mentions qui figurent sur leurs emballages et de prendre le temps de comparer les valeurs nutritionnelles pour ne pas choisir les produits les plus sucrés: plus la liste est courte, moins il y a d’additifs par exemple. Enfin, il faut veiller aux portions et à compléter le petit-déjeuner avec d’autres aliments comme du yaourt, du fromage blanc, du pain ou des fruits.

Alexandra Bresson