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Phantom Thread, Lincoln, Gangs of New York... 4 fois où Daniel Day-Lewis est allé trop loin pour un rôle

Daniel Day-Lewis dans Phantom Thread

Daniel Day-Lewis dans Phantom Thread - Copyright Universal Pictures International France

Daniel Day-Lewis pourrait décrocher un quatrième Oscar. A cette occasion, un retour s'impose sur sa carrière et sa méthode très particulière pour préparer les rôles.

On le présente comme le plus grand acteur du monde. L'expression n'est pas vaine. Il y a d'ailleurs des preuves: trois Oscars, obtenus pour My Left Foot en 1990, There Will Be Blood en 2008 et Lincoln en 2013.

Il y a aussi la légende, imprimée dans les livres d'histoire du cinéma et les colonnes de la presse spécialisée: l'homme prépare avec tant d'intensité chacun de ses rôles qu'il en sort brisé, au point d'avoir voulu mettre un terme à sa carrière à plusieurs reprises. Les anecdotes à ce sujet sont si nombreuses et si improbables qu'elles donneront matière un jour à un excellent film. 

Toutes les bonnes choses ont pourtant une fin. Ce grand acteur, Daniel Day-Lewis, a annoncé l'année dernière que Phantom Thread, à l'affiche depuis le 14 février, sera son dernier film. Il y incarne le couturier Reynolds Woodcock (quel nom!), un homme tellement dans le contrôle que seul Daniel Day-Lewis pouvait le jouer. Au cours du film, ce dernier, troublé par l'irruption dans sa vie d'une certaine Alma, apprend à partager ce contrôle et à se laisser aller. Quelle belle manière de tirer sa révérence...

Les votants de l'Académie des Oscars ne s'y sont pas trompés et ont nommé l'acteur, qui pourrait décrocher une quatrième statuette. A cette occasion, un retour s'impose sur sa carrière et les légendes qui en découlent.

En mode Koh-Lanta pour Le Dernier des Mohicans (1992)

Pour Raging Bull, Robert de Niro pris 30 kilos. Petit joueur. Pour Le Dernier des Mohicans, Daniel Day-Lewis a appris à chasser et à dépecer les animaux. "S’il n’avait pas tué l’animal, il ne mangeait pas", avait expliqué au Monde le réalisateur du film Michael Mann.

Daniel Day-Lewis a aussi appris à construire un canoë, à se battre avec un tomahawk et à charger un pistolet à poudre en pleine course. Autant de capacités qui lui ont été utiles pour aborder le rôle de Bill le boucher dans Gangs of New York une décennie plus tard. 

Le danger ne lui fait pas peur. Un an après Le Dernier des Mohicans, le comédien a décidé de ne pas dormir pendant trois jours pour jouer une scène d'interrogatoire dans Au nom du père, un drame sur l'IRA. Et en 1996, Daniel Day-Lewis a dormi dans le décor du film Les Sorcières de Salem, une village du XVIIème siècle. 

Une pneumonie pour Gangs of New York (2002)

Au milieu des années 1990, Daniel Day-Lewis s'exile à Florence, en Italie, où il devient cordonnier. Toujours sollicité par le cinéma, il refuse le rôle d'Aragorn dans Le Seigneur des Anneaux, mais accepte celui de Bill le Boucher dans Gangs of New York de Martin Scorsese.

Sans doute préfère-t-il les couteaux aux épées: "Avez-vous déjà fait attention à la manière dont un boucher aiguise son couteau? Je vous y encourage. C’est absolument magnifique", a-t-il indiqué au Monde récemment. Il sait de quoi il parle: pour Scorsese, le comédien a appris le maniement des couteaux en écoutant du Eminem. Et il s'entraînait tous les jours sur le tournage devant un DiCaprio épouvanté.

Liam Neeson, de son côté, fut décontenancé par la décision de Day-Lewis de jouer le personnage même en dehors des prises. Un jour où il pleuvait des cordes, Day-Lewis refusa de porter un manteau pour se protéger, parce qu'il n'avait pas été inventé à l'époque du film. L'acteur attrapa ainsi une pneumonie - et refusa de se faire soigner car les médicaments n'étaient pas d'époque également. 

Dans la peau de Lincoln (2013)

Daniel Day-Lewis a tellement pris à cœur le rôle du président américain Abraham Lincoln dans le film de Steven Spielberg qu'il jouait aussi le personnage en dehors des prises.

Né en Angleterre, Daniel Day-Lewis a adopté un accent américain pour jouer Lincoln. Sur le plateau, il a interdit à toute personne qui ne parlait pas avec un accent américain de lui adresser la parole pour ne pas le gêner dans la préparation de son rôle. 

Sa partenaire à l'écran Sally Field se souvient que le comédien lui envoyait des SMS qu'il signait Lincoln. Après le tournage Sally Field déclara cette phrase restée célèbre: "Je n'ai jamais rencontré [Daniel Day-Lewis]. Jamais. J'ai rencontré Mr. Lincoln". 

Une robe ratée pour Phantom Thread (2017)

Pour Phantom Thread, Daniel Day-Lewis a reproduit un modèle de robe Balenciaga aujourd'hui disparu. C'est en regardant deux photos de la robe qu'il est parvenu à ce miracle.

"Au premier regard, reproduire cette robe semble possible. Concrètement, c’est terriblement difficile. Notamment le soufflet, placé sous l’aisselle. Je suis passé du drapage à la toile, puis à un patron et, enfin, à la taille finale. Le résultat était mauvais. Cela n’avait rien de Balenciaga. Je n’étais pas à la hauteur. Je n’étais pas prêt. Je ne possédais pas les capacités pour faire ce métier", a-t-il admis, modestement, dans les colonnes du Monde.

Jérôme Lachasse