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Martin Scorsese revient à la charge sur Marvel, "des produits fabriqués pour la consommation immédiate"

Martin Scorsese

Martin Scorsese - Copyright Lighthouse Home Entertainment

Le réalisateur a clarifié sa position dans le New York Times. Et a développé sa critique de ce nouveau modèle de cinéma.

Pour la troisième fois, Martin Scorsese est revenu sur les films produits par le studio Marvel et leur omniprésence dans les salles de cinéma. Le réalisateur, qui sort sur Netflix The Irishman avec Robert de Niro et Al Pacino, a clarifié sa position dans le New York Times. Et développe sa critique de ce nouveau modèle de cinéma.

"Beaucoup de ces blockbusters sont réalisés par des gens de grand talent. On peut le voir à l'écran. Le fait que ces films ne m'intéressent pas est une question de goût personnel et de tempérament. Je sais que si j'avais été plus jeune, si j'avais grandi à cette époque, j'aurais été excité de voir ces films et peut-être que j'aurais voulu en réaliser un moi-même."

Le résultat d'analyses de marché

Mais pour le réalisateur oscarisé, ces films sont le résultat "d'analyses de marché et de tests auprès du public: ils sont approuvés, puis modifiés, puis une nouvelle fois approuvés puis une nouvelle fois modifiés jusqu'à ce qu'ils soient prêts pour la consommation." "Ces films se présentent comme des suites, mais il s'agit en réalité de remakes", ajoute-t-il encore.

Selon lui, les films Marvel n'ont pas le mystère des œuvres de Paul Thomas Anderson (Phantom Thread), Spike Lee (BlacKkKlansman), Ari Aster (Midsommar) ou Kathryn Bigelow (Démineurs):

"Quand je regarde un film d'un de ces réalisateurs, je sais que je vais voir quelque chose de nouveau et être emporté dans une nouvelle expérience complètement inattendue." Les films Marvel, ajoute-t-il, manque de mystère et de sens du danger: "rien n'a d'importance [dans ces films]."

"Pour la consommation immédiate"

"Le plus grand et dangereux changement s'est produit discrètement, dans l'obscurité de la nuit: la disparition progressive de la notion de risque. Beaucoup de films faits aujourd'hui sont des produits parfaitement fabriqués pour la consommation immédiate."

L'omniprésence de ces films en salles aboutit, déplore-t-il, à la disparition progressive des cinémas indépendants: "l'équation a changé et le streaming est devenu le principal système [pour visionner des films]. Pourtant, je ne connais aucun réalisateur qui ne conçoit pas son film pour le grand écran, pour qu'il soit projeté à un public dans une salle."

Son film The Irishman, que Scorsese a essayé de monter pendant une dizaine d'années, sortira en effet en salles aux Etats-Unis avant sa diffusion sur Netflix le 28 novembre. 

Jérôme Lachasse