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L'actrice Edith Scob est morte à l'âge de 81 ans

Edith Scob en 2012

Edith Scob en 2012 - Loic Venance - AFP

Son personnage dans le film d'horreur Les Yeux sans visage a influencé John Carpenter pour Halloween et Pedro Almodóvar pour La Piel que habito.

Elle était un visage familier du cinéma dont on ne connaissait pas forcément le nom: Edith Scob, actrice fétiche de Georges Franju et Raoul Ruiz, également remarquable chez Leos Carax et Olivier Assayas, est morte mercredi à 81 ans, a annoncé son agent à l'AFP. Au cours de sa riche carrière débutée il y a soixante ans, la comédienne a été aussi prolifique au cinéma qu'au théâtre avec une soixantaine de rôles dans chaque activité.

C'est sous la direction de Georges Franju, pionnier français du cinéma fantastique avec lequel elle tournera six fois, qu'Edith Vladimirovna Scobeltzine, d'ascendance slave, a débuté en 1959 dans le 7e art avec La Tête contre les murs, adapté du roman d'Hervé Bazin. A 22 ans, elle y incarnait "la folle qui chante" dans cet asile où se trouvaient aussi Jean-Pierre Mocky, Anouk Aimée, Charles Aznavour et Pierre Brasseur dans le rôle d'un psychiatre.

L'année suivante, elle enchaîne avec Les Yeux sans visage, qui la révèle au grand public. Dès sa deuxième apparition à l'écran, Edith Scob marque l'histoire du 7e Art avec l'étrange masque blanc et inexpressif qu'elle porte tout au long du film de Franju. Inoubliable, l'accessoire inspirera à John Carpenter celui de Michael Myers dans Halloween (1978) et influencera Pedro Almodóvar pour La Piel que habito (2011). Edith Scob reportera le fameux masque plus de cinquante ans après Les Yeux sans visage dans Holy Motors de Léos Carax, pour un de ses derniers grands rôles.

Edith Scob dans Les Yeux sans visage
Edith Scob dans Les Yeux sans visage © Arte

Bredouille aux César

Avant cela, l'actrice au regard bleu saphir passa les années 60 devant les caméras de Julien Duvivier (La Chambre ardente), Georges Franju encore (Judex) et Luis Buñuel pour La Voie lactée où elle interprète la Vierge Marie. En 1977, elle joue pour la première fois sous la direction de Raoul Ruiz dans La Vocation suspendue. Une collaboration avec le cinéaste franco-chilien qui se répètera cinq fois.

Discrètement mais sûrement, son visage émacié et sa frêle silhouette traversent le cinéma français. On la croise dans L'Eté meurtrier de Jean Becker (1983), Vénus Beauté (Institut) de Tonie Marshall (1999), La Fidélité d'Andrzej Zulawski (2000), Le Pacte des loups de Christophe Gans (2001), L'Homme du train de Patrice Leconte (2002), Bon voyage de Jean-Paul Rappeneau (2003) et Mon inconnue (2019).

L'Heure d'été, drame familial réalisé par Olivier Assayas, lui permet d'être nommée pour la première fois au César de la meilleure actrice dans un second rôle. Sans récompense au bout, comme ce sera le cas pour Holy Motors.

Jérôme Lachasse avec AFP