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INFOGRAPHIES. Le cinéma en France se porte bien, mais il n'attire plus les jeunes dans les salles

Une salle de cinéma (photo d'illustration).

Une salle de cinéma (photo d'illustration). - Piqsel

Les très bons chiffres annoncés pour 2019 sont principalement dus aux seniors, de plus en plus nombreux dans les salles obscures. Un problème pour l'industrie cinématographique à long terme?

Grâce aux sorties de La Reine des Neiges 2 et Star Wars 9, les cinémas français vont attirer des millions de spectateurs dans les salles en ce mois de décembre. Selon le patron du Centre National du Cinéma (CNC), interrogé par Le Figaro, l'année 2019 devrait totaliser "un peu plus de 215 millions d’entrées au cinéma".

Une année exceptionnelle puisqu'il s'agirait "du deuxième meilleur score des 50 dernières années", derrière 2011 et ses 216 millions d'entrées - dont 19 pour Intouchables. Comme l'illustre l'infographie-ci dessous, il faut remonter aux années 1960 pour voir de tels chiffres. 

Deux fois moins d'entrées que dans les années 1950

Le succès du "cru" 2019 doit cependant être relativisé. Tout d'abord parce qu'il est loin d'égaler les records de l'après-guerre. Dans les années 1950, les cinémas réalisaient deux fois plus d'entrées.

Le record ultime date de 1957. Cette année-là, plus de 411 millions d'entrées avaient été totalisées. Un score encore plus impressionnant quand on sait que la France comptait moins de 50 millions d'habitants.

Les comparaisons avec cette période révolue ne chagrinent cependant pas l'industrie cinématographique. Le secteur s'inquiète en effet beaucoup plus du désintérêt grandissant des jeunes pour les salles obscures.

Les seniors ont remplacé les jeunes dans les cinémas

Le constat est en effet saisissant. Dans les années 1990, les 15/25 ans (en rose sur l'infographie) représentaient à eux seuls davantage de spectateurs au cinéma que l'ensemble des personnes âgées de plus de 50 ans (en bleu sur l'infographie). Aujourd'hui, la tendance s'est plus qu'inversée, comme l'illustre l'infographie ci-dessous.

Un changement de génération qui saute aux yeux également lorsqu'on regarde le nombre de films différents vus chaque année par le public.

Au début des années 2000, les spectateurs âgés de 20 à 24 ans allaient au cinéma en moyenne huit fois par an. Aujourd'hui, ils n'y vont plus que 5 fois. Tout le contraire des seniors, comme le montre l'infographie-ci dessous.

Le problème est que cette tendance, inquiétante à long terme, est profonde. Selon le spécialiste de l'audiovisuel interrogé par Le Figaro, "si on prolonge la courbe, dans les années 2020, plus de la moitié des entrées seront réalisées par des spectateurs de plus de 50 ans".

Alors qu'est-ce qui explique ces chiffres? Si le vieillissement de la population française est une des explications, il ne peut pas justifier un tel changement en à peine 25 ans.

Le piratage de films et l'émergence des plateformes de streaming - qui proposent un large catalogue de films énorme à moindre coût - ont également dû jouer un rôle important dans le rapport des jeunes aux salles obscures. 

Le prix des places à l'origine du désintérêt des jeunes?

Ces deux facteurs peuvent néanmoins être liés à un seul et même problème: le coût des places. Il est souvent reproché aux multiplexes des grandes villes de pratiquer des tarifs trop élevés. Au Pathé de Beaugrenelle à Paris, un cinéma souvent pointé du doigt, le prix d'une place plein tarif est fixé à 15,20€.

Cependant, selon les chiffres du CNC, seulement 11% des places vendues coûtent plus de 10€. Tout d'abord parce que la plupart des salles ne pratiquent pas ce genre de tarifs. Et ensuite parce que entre les tarifs réduits (étudiants, enfant, senior...) et les cartes d'abonnements (entre 17€ et 20€ par personne pour aller au cinéma de manière illimitée), diminuent considérablement le coût moyen du billet. 

Il n'empêche que le prix du ticket a nettement augmenté entre 2000 et 2018, comme le montre l'infographie ci-dessous. Sur les 20 dernières années, le nombre de places vendues à moins de 5€ a été divisé par deux, tandis que celles coûtant plus de 7€ ont été multipliées par deux. 

Louis Tanca