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Gene Wilder: 7 films cultes à (re)voir absolument

Gene Wilder dans "Charlie et la chocolaterie" en 1971

Gene Wilder dans "Charlie et la chocolaterie" en 1971 - Warner Bros

L’acteur de Charlie et la Chocolaterie et de Frankenstein Junior est décédé ce lundi 29 août à l’âge de 83 ans. Il a marqué la comédie américaine des années 1960 et 1970. Hommage.

Les Producteurs de Mel Brooks (1968)

Son premier rôle de grande importance. Gene Wilder et Mel Brooks se sont rencontrés aux débuts des années 1960. Wilder venait de commencer au théâtre en partageant l’affiche avec la compagne de Mel Brooks, Ann Bancroft. En juin 1963, Brooks invite Wilder pour lui faire lire les trente premières pages de son nouveau scénario, Les Producteurs. Le cinéaste lui propose alors le rôle du timide comptable Leo Bloom. Gene Wilder accepte. Puis, plus de nouvelles. 

Trois ans plus tard, Mel Brooks retourne le voir dans sa loge. Il lui annonce que le scénario est fini et qu’il a le rôle. Un pari risqué. Gene Wilder n’avait jusqu’alors tenu qu’un petit rôle dans Bonnie et Clyde d’Arthur Penn. Sorti en mars 1968, Les Producteurs rencontre un succès d’estime. Pour son interprétation de Leo Bloom, Gene Wilder est loué par la critique et récolte une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle en avril 1969. Il repart bredouille, contrairement à Mel Brooks qui reçoit l’Oscar du meilleur scénario. 

> Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander de Woody Allen (1973)

Aux débuts des années 1970, Gene Wilder n’a pas encore connu le succès éclatant, celui qui fera de lui une star. Son interprétation de Willy Wonka dans Charlie et la Chocolaterie est appréciée mais le film peine à s’imposer au box-office. Depuis, cette adaptation du classique de Roald Dahl est devenue culte et a assuré la postérité de l’acteur sur les réseaux sociaux. 

En attendant de devenir un mème vivant, Gene Wilder rencontre le succès en 1973. Son apparition dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander, le film à sketches de Woody Allen, est brève mais mémorable. Dans le segment intitulé "Qu’est-ce que la sodomie?", il joue un médecin qui tombe amoureux d’une brebis. Un rôle parfait pour cet acteur qui aime tout particulièrement l’humour nonsensique et pince-sans-rire. 

Le Shérif est en prisonFrankenstein Junior de Mel Brooks (1974)

Six ans après Les Producteurs, Gene Wilder et Mel Brooks se retrouvent pour un hilarant pastiche de westerns: Le Shérif est en prison. Le comédien joue avec un timing comique impeccable un as de la gâchette devenu alcoolique. Avec Cleavon Little, il forme un duo mémorable. Sortie en février 1974, la comédie bat tous les records au box-office. 

Mel Brooks et Gene Wilder collaborent une troisième fois sur un pastiche de films d’horreur des années 1930. Avec Frankenstein junior, sorti en décembre 1974, le cinéaste signe un nouveau succès et son meilleur film, réalisé dans un super noir et blanc. Pour l’occasion, le réalisateur a réuni une pléiade de fabuleux acteurs: Cloris Leachman, Marty Feldman, Peter Boyle, Gene Hackman et, surtout, Madeline Kahn. Auteur du scénario avec Mel Brooks, Gene Wilder s’est réservé le rôle de l’héritier de Victor Frankenstein qui renie les recherches de sa famille. L’acteur y dévoile ses talents de danseur en trottinant avec la créature de Frankenstein sur Puttin’ On The Ritz d’Irving Berlin. 

> Le Frère le plus futé de Sherlock Holmes (1975) / Drôle de séducteur (1977) de Gene Wilder

Il rêvait de réaliser Frankenstein Junior, il a dû céder sa place à son vieil ami Mel Brooks. Avec Le Frère le plus futé de Sherlock Holmes, Gene Wilder est bien décidé à enfin passer à la réalisation. Il a concocté une fantasque parodie de Sherlock Holmes. Pour l’occasion, Gene Wilder renoue avec les excellents comédiens des derniers Mel Brooks: Madeline Kahn, Marty Feldman et Dom DeLuise. Même le réalisateur des Producteurs prête sa voix pour jouer la victime d’un lion! Le succès du film et les bonnes critiques encouragent Gene Wilder à enchaîner avec un second film. Dans Drôle de séducteur, il retrouve Dom DeLuise pour un pastiche des latin lovers du cinéma muet comme Rudolph Valentino. Une fois encore, le public suit.

Transamerica Express d’Arthur Hiller (1976)

Alors au sommet de sa gloire, Gene Wilder s’associe à trois poids lourds de la comédie américaine des années 1970: Arthur Hiller, le réalisateur de Love Story et de Ne tirez pas sur le dentiste décédé le 18 août dernier, Colin Higgins, le scénariste de Harold et Maude, et l’humoriste Richard Pryor avec qui il devait déjà jouer dans Le Shérif est en prison. 

Le résultat, Transamerica Express, est un road-movie situé entre Los Angeles et Chicago. Gene Wilder forme avec Richard Pryor un des duos les plus populaires des années 1970. Après le succès du film, ils ont collaboré sur trois autres films, avec plus ou moins de réussites: Faut s'faire la malle (1980), Pas nous, pas nous (1989) et Another You (1991).

Dans les années 1980, Gene Wilder ralentit la cadence. Les rôles à la mesure de son talent commencent à se faire rare. Il délaisse le pastiche dans ses réalisations suivantes. Dans La Fille en rouge (1984) et Nuit de noce chez les fantômes (1986), il filme avec bonheur le couple qu’il forme avec l’humoriste Gilda Radner.

Après le décès en 1989 de son épouse, l’acteur joue une dernière fois avec Richard Pryor en 1991. Pryor est déjà atteint de sclérose en plaques, maladie qui l’emportera en 2005. Le public n’est plus au rendez-vous. En 1999, Gene Wilder tente un dernier tour de piste dans une adaptation pour la télévision d’Alice au pays des merveilles. Il y joue la simili-tortue. 

Depuis, personne n’a réussi à le faire sortir de sa retraite. En 2015, Steven Spielberg s’était attelé à la tâche. Il souhaitait lui confier, en souvenir de Willy Wonka, le rôle du créateur d’un monde numérique dans Reader Player One, son grand projet de science-fiction. En vain. L’acteur souffrait déjà de la maladie d’ Alzheimer. Une maladie qu’il avait préféré taire pour préserver les fans qui le reconnaissaient dans la rue.

Jérôme Lachasse