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François Damiens: "Avec Louane, on a créé un lien indestructible"

François Damiens dans Le Petit Spirou.

François Damiens dans Le Petit Spirou. - Copyright La Belle Company / Apollo Films

ENTRETIEN - L'acteur belge de 44 ans, à l'affiche du Petit Spirou, raconte ses relations avec Louane, les films qui l'inspirent et sa première réalisation, Dany.

Après avoir prêté sa voix à Tintin dans Le Chat du Rabbin de Joann Sfar, François Damiens joue dans une nouvelle adaptation de bande dessinée. Dans Le Petit Spirou, tiré de la BD de Tome et Janry et en salles ce mercredi 27 septembre, il incarne le professeur de sport Monsieur Mégot, un personnage comme il les aime. BFMTV.com a pu rencontrer le comédien de La Famille Bélier, l'occasion d'évoquer notamment avec lui Louane, son regard sur le cinéma, mais aussi sa première réalisation, Dany.

Dans une interview au Parisien, vous déclarez que vous avez déjà donné des interviews sur des films que vous n’aviez pas vu. Vous avez vu Le Petit Spirou?

Non.

Ça ne va pas être compliqué pour en parler?

Non (rires). Ce n’est pas un problème. Je fais tellement bien l’exercice que normalement ça ne se voit même pas. De toute façon, en général, je parle peu du film. Je parle du tournage, du personnage…

Vous ne voyiez pas vos films?

Je n’aime pas trop ça. Je les vois quand je suis obligé. Si on ne m’oblige pas, je ne les vois pas. J’ai vu le dernier, Ôtez-moi d’un doute. Ils sont venus faire une projection spécialement pour moi à Bruxelles.

Ce film a eu un beau démarrage, avec 250.000 spectateurs en une semaine. Vous vous intéressez aux résultats de vos films au box-office?

Quand ça marche, oui. C’est souvent la production ou les réalisateurs qui les envoient quand ça se passe bien. Si ça ne se passe pas bien, on n'en entend plus trop parler.

Vous êtes un lecteur de BD? Vous aviez lu Le Petit Spirou?

Je n’ai jamais lu de BD. Je connaissais Le Petit Spirou, parce que mon fils le lit depuis une dizaine d’années. J’ai feuilleté de temps en temps. C’est lui qui m’a dit que je devais le faire quand il a appris qu’on me proposait de jouer dans le film. J’ai dit oui au réalisateur Nicolas Bary avant d’avoir lu le scénario. On avait déjà travaillé ensemble dans Les Enfants de Timpelbach. Il a une façon très touchante d’aborder les films pour enfants. Son Petit Spirou, c'est un conte où l'on cherche à éveiller l'enfant aux rêves, à l’extraordinaire.

C’est très différent de la BD, qui est plutôt graveleuse…

Quand Nicolas Bary m’a appelé pour jouer Monsieur Mégot, le prof de gym, il m’a dit qu’il ne cherchait pas à en faire un gros dégueulasse alcoolique et fumeur. Il en a fait un personnage très touchant, très mélancolique qui a rêvé d’être cycliste professionnel et est amoureux d’une des profs, Mademoiselle Chiffre. Il fait passer des messages aux enfants: on a intérêt à aimer ce que l’on fait et à le faire avec le cœur.

Vous alternez entre comédie grand public et film plus dramatique. C’est le hasard ou une envie de votre part?

C’est au gré des propositions. On m’a toujours proposé des films plus dramatiques. La première réalisatrice qui m’a fait découvrir cet univers-là, c’est Axelle Ropert dans La Famille Wolberg. J’en ai fait d’autres, mais par définition les films d’auteur se voient moins que les grosses comédies. En terme d’entrées, si vous faites 8 millions d'entrées avec La Famille Bélier, il faut faire quarante films à 200.000 entrées pour atteindre la même visibilité.

On vous parle souvent de La Famille Bélier?

Seulement en interview. Ça revient aussi régulièrement dans la rue.

Vous avez toujours des nouvelles de Louane?

Je l’ai croisée la semaine dernière. C’est toujours un plaisir. Il s’est passé beaucoup de choses dans sa vie et c’est touchant: on a créé il y a trois ans un lien et j’ai l’impression qu’il est indestructible. Je suis toujours super content de la voir. J’espère qu’elle va réussir à vivre avec toute la pression qu’on lui met. Le succès de La Famille Bélier et de son disque a été une sacré surprise. Elle s’est prise une double rafale. Et à seize ans, ce n’est pas évident. Il faut avoir les épaules solides.

Vous allez peu au cinéma. Quel est le dernier film qui vous a marqué?

J’ai beaucoup aimé Visages, villages d'Agnès Varda et JR. J’ai trouvé ce film formidable. C’est doux. Ça fait rêver.

C’est ce qui manque au cinéma aujourd’hui cette douceur, ce rêve?

Je n’aime pas quand on fabrique les films pour qu’ils se vendent. J’aime bien quand on vend ce que l’on a fabriqué. Dans le cas de Visages, villages, ils ont vraiment vendu ce qu’ils ont fabriqué. Ils n’ont pas essayé de faire un coup de producteur. Je trouve ça beau, généreux… Ils ne prennent pas les spectateurs pour des cons.

C’est dans cet état d’esprit que vous avez tourné Dany, votre première réalisation?

Dany, c’est un film qui a mis quatre-cinq ans à sortir. Je n’ai pas cherché à faire un coup. J’ai cherché à raconter des choses qui me touchaient et essayé de réveiller l’âme humaine à travers les gens que j’ai rencontrés.

Le film a été difficile à monter financièrement?

C’est le truc le plus facile que j’ai jamais fait de ma vie (sourire). Je me suis fait aider par des amis producteurs. C’est prétentieux à crever, mais ça s’est monté très facilement. Par contre, le plus compliqué a été de fabriquer le film. On a mis la barre très haut.

Jérôme Lachasse