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Eva Green raconte sa collaboration avec Tim Burton: "sa passion est très contagieuse sur le plateau"

Eva Green dans Dumbo

Eva Green dans Dumbo - Copyright 2019 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved / Jay Maidment

L’actrice française joue pour la troisième fois sous la direction du réalisateur américain. Elle raconte leur collaboration qui a commencé avec Dark Shadows et Miss Peregrine et se poursuit avec Dumbo, en salles ce mercredi.

Que serait Tim Burton sans ses muses? Pendant plus de vingt ans, le génial réalisateur a imaginé avec l’aide de Johnny Depp et de Helena Bonham Carter des contes aussi loufoques que gothiques qui ont fait le bonheur des spectateurs. En 2012, il les a réunis une dernière fois dans Dark Shadows, adaptation d’une série TV des années 1960. Par le plus grand des hasards, c’est aussi sur le tournage de ce film que Tim Burton a croisé la route de l’actrice française, Eva Green, devenue depuis sa nouvelle muse. Le début d’une aventure qui dure, comme le prouve Dumbo, en salles ce mercredi 27 mars.

Leur première rencontre, elle s'en souvient, est digne d’un film du maître: "Je suis allée dans son bureau. Évidemment, j’étais très anxieuse. Il y avait de l’orage, ce jour-là, une tempête. Je me suis dit: ‘C’est un signe. Il y a du tonnerre, c’est très burtonien." Il y avait aussi une part d’inquiétude, liée au statut du cinéaste, symbole à lui tout seul d’un genre de cinéma: "Lorsque l’on rencontre un réalisateur pour un job ou quelqu’un que l’on admire beaucoup, c’est normal d’avoir un peu le tract. Burton, c’était quelqu’un que j’admirais enfant. On a peur de décevoir. Je suis très timide aussi."

Dans Dark Shadows, elle incarne Angélique Bouchard, une sorcière. Éconduite par Barnabas Collins (Johnny Depp), elle le transforme en vampire après avoir provoqué le suicide de sa fiancée Josette. Un rôle difficile qui plaît à la comédienne: "C’était un vrai cadeau d’actrice cette sorcière au cœur brisé qui n’a peur de rien et ferait tout par amour", dit-elle aujourd’hui. La collaboration avec Burton se poursuit quatre ans plus tard dans Miss Peregrine et les Enfants particuliers. Là encore, le rôle est typiquement burtonien: directrice d’un pensionnat pour enfants doués de capacités surnaturelles, elle incarne un personnage est capable de se transformer en... faucon. "C’était un challenge de jouer une femme-oiseau, de trouver le physique, comment elle bougerait", résume-t-elle.

"Il a une imagination débordante"

En comparaison, le rôle de la trapéziste Colette Marchant dans Dumbo paraît plus facile à aborder pour la comédienne qui doit pour l’occasion adopter un accent français. "Je n’avais jamais vraiment joué [un tel rôle] avant", explique-t-elle à propos de ce personnage qui n’intervient que dans la deuxième partie du film et se révèle d’une grande aide pour Dumbo.

"[Colette] est quelqu’un d’assez léger. Un personnage clair qui est peut-être moins tourmenté, moins complexe que les autres personnages que j’ai joués auparavant" Après trois films, l’heure des bilans a sonné. Entre la sorcière, la femme qui se transforme en faucon et la trapéziste, difficile de dire quel personnage elle préfère: "C’est très difficile", confesse-t-elle. "Il y a eu de la jubilation dans chacun de ces rôles. Ils sont très haut en couleurs."

Il y a de la jubilation, mais aussi beaucoup de travail. "C’était une vraie joie et un défi, le côté physique de la trapéziste. Il fallait beaucoup s’entraîner", explique-t-elle. Un blockbuster de Tim Burton n’est pas de tout repos, comme peut en attester la comédienne, qui commence à bien connaître les méthodes de maître: "Il a une imagination débordante. C’est toujours un vrai plaisir de travailler avec lui, parce qu’il est très instinctif. C’est très spontané. Il est passionné, c’est comme un enfant. Sa passion est très contagieuse sur le plateau."

Affronter la peur du vide

Et pourtant il lui a fallu dompter son vertige. Pour le besoin de scènes où son personnage doit voler sur le dos de Dumbo, Eva Green a dû affronter sa peur du vide. "C’était assez terrible au départ”, raconte-t-elle. "Je me disais que je n’arriverais jamais à faire ce rôle et je ne voulais pas décevoir Tim." La production lui a donné un entraîneur physique pour qu’elle se muscle: "J’ai travaillé avec les gens du cirque. Tous les matins, je travaillais dans une espèce de tente avec des acrobates, des clowns. Ils ont été très patients et très passionnés et ils m’ont donné des ailes."

Elle a travaillé dans le même environnement que Dumbo afin de vaincre, comme lui, ses peurs. D’autant qu’elle n’avait pas de doublure: "J’étais persuadée que ça n’allait pas marcher, mais je voulais montrer que j’allais essayer de vaincre ma peur et ces gens du cirque ont été extraordinaires. On y est allé petit à petit. Comme on se balançait très haut et on faisait des acrobaties, je pensais que j’allais mourir d’un arrêt cérébral ou tomber dans les pommes. Le fait d’avoir pu vaincre sa peur était quelque chose … on se sent plus fort après."

Bien que le film soit réalisé par Tim Burton, il n’y avait pas d’éléphant volant sur le plateau. Eva Green révèle comment ont été réalisées ces séquences avec le touchant personnage conçu en images de synthèse: "C’était comme un taureau mécanique que l’on utilise dans les rodéos et qui était attaché à un bras en métal qui s’élevait dans l’air et bougeait. On avait du vent dans les cheveux et après il fallait laisser l’imagination courir." Comme lorsque le public découvre un nouveau film de Tim Burton.

Jérôme Lachasse avec Claire Fleury