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Agnès Jaoui déplore la mainmise des plateformes de streaming, qui ont "recréé Hollywood"

La comédienne et réalisatrice Agnès Jaoui au festival de Cannes en 2019.

La comédienne et réalisatrice Agnès Jaoui au festival de Cannes en 2019. - Loïc Venance - AFP

La réalisatrice du "Goût des autres" dénonce "la mainmise des plateformes sur les auteurs" depuis le début de la pandémie.

L'actrice, scénariste et réalisatrice Agnès Jaoui a estimé mercredi que "la mainmise des plateformes sur les auteurs" de cinéma est "assez grave" car elles ont "recréé Hollywood" en les transformant en "employés".

Avec la pandémie, "les productions de cinéma et les distributeurs vivent un moment épouvantable. A cela se rajoute la mainmise des plateformes sur les auteurs. C'est assez grave (...) Ils ont recréé Hollywood", a-t-elle dénoncé, lors de sa première conférence de presse en tant que présidente de la Cinémathèque de Toulouse.

"Ayant eu affaire à des plateformes, j'ai décidé d'arrêter car j'ai toujours été archi-libre pour écrire et faire des films, et je compte le rester", a déclaré Agnès Jaoui, estimant que les plateformes entravent la créativité et font des cinéastes des "employés".

"Remettre à l'honneur des femmes qui ont fait des films"

Succédant au réalisateur Robert Guédiguian à la présidence de cette cinémathèque nationale, où elle a été élue le 14 décembre pour trois ans, elle "rêve" d'y favoriser les rencontres entre publics différents et de remettre à l'honneur des femmes réalisatrices oubliées.

"J'ai très envie que des rencontres aient lieu, des transversalités, qu'on puisse faire de la musique, de la photo, se rencontrer des publics, des âges différents" pour "un vrai échange, un vrai mélange parce que je déteste les ghettos", a-t-elle souligné.

Agnès Jaoui, qui en 2018 a dénoncé le manque de femmes aux Césars et à Cannes, aimerait aussi "remettre à l'honneur des femmes qui ont fait des films" car "s'il n'y a pas des livres, des journalistes, des historiens d'art et des projections qui les mettent en valeur, on les oublie".

Cette réalisatrice engagée, qui avait appelé à voter contre Marine Le Pen à la présidentielle de 2017, a en outre dénoncé l'actuel "combat de qui est le plus d'extrême-droite", le jugeant "terrifiant".

Pour un "cinéma qui se préoccupe du public"

Robert Guédiguian, qui présidait la cinémathèque depuis 2016, a précisé à l'AFP avoir sollicité Agnès Jaoui pour lui succéder parce que "non seulement elle est cinéaste, mais aussi actrice".

"Un acteur c'est brillant, intelligent, ça connaît l'histoire du cinéma, etc. Un producteur on ne sait pas qui sait, un réalisateur on le sait à peine (...) Ce qu'on voit c'est quand même les acteurs", a-t-il ajouté.

Interrogé sur ses points communs avec Agnès Jaoui, il a souligné leur idée d'un "cinéma qui se préoccupe du public" et "que le cinéma populaire peut être du grand art".

J.L. avec AFP