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Présidentielle

#PasMaPrésidente: les féministes appellent à s'opposer au FN

Une Femen venue protester au bureau de vote de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont le 23 avril 2017

Une Femen venue protester au bureau de vote de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont le 23 avril 2017 - François Lo Presti-AFP

Cinquante personnalités, dont la ministre Laurence Rossignol, appellent à faire barrage à Marine Le Pen le 7 mai lors du second tour de l'élection présidentielle. Sur les réseaux sociaux, les féministes assurent que "le Front national n'a pas changé".

Des personnalités féministes, la ministre Laurence Rossignol et plusieurs associations ont appelé mercredi à voter contre Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle le 7 mai prochain, estimant que la candidate du Front national n'est pas "la candidate des femmes".

"L'élection de Marine Le Pen serait à la fois une défaite et un danger pour les femmes. Il ne suffit pas d'en être une pour défendre leurs droits", écrivent, dans une tribune publiée sur le site du Huffington Post, la ministre des Droits de femmes et une cinquantaine de personnalités.

"Faire obstacle à l'extrême droite"

C'est d'ailleurs pour cette pétition qu'Audrey Pulvar a été suspendue d'antenne. L'initiative, qui réunit l'ancienne ministre Yvette Roudy, la championne de boxe Sarah Ourahmoune, les artistes Julie Gayet, Agnès Jaoui ou Bruno Solo, ou encore la femme rabbin Delphine Horvilleur, vise à "faire obstacle à l'extrême droite en votant pour le seul candidat qui peut mener le combat pour l'égalité: Emmanuel Macron".

"Les chantiers à mener sont encore nombreux", préviennent les signataires, listant les "priorités": égalité salariale et professionnelle, parité dans la société, recul des violences sexistes, accès garanti à la contraception et à l'IVG, défense de la laïcité, et procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes.

"Non, le Front national n'a pas changé"

En parallèle, plusieurs associations féministes ont exprimé leur opposition à l'accession au pouvoir du FN, parti qui a "pour ADN de considérer les femmes comme inférieures aux hommes", avec sur les réseaux sociaux le hashtag #PasMaPrésidente.

"Non, le Front national n'a pas changé. Il reste un parti anti-républicain, anti-féministe. Non, Marine Le Pen n'est pas la candidate des femmes", a estimé dans un communiqué Osez le féminisme. 

"Une réalité profondément anti-féministe"

"Derrière le ravalement de façade, se cache une réalité profondément anti-féministe", poursuit l'association, qui rappelle que des élus frontistes ont "supprimé à Hayange (Moselle) des subventions du Secours Populaire, qui vient en aide aux personnes précaires, dont de nombreuses femmes élevant seules leurs enfants", ont "voté au Parlement européen contre le droit d'avorter", ou encore se sont opposées à la loi du 4 août 2014 sur l'égalité entre les femmes et les hommes.

Donner son vote au Front national c'est le voir "instaurer des politiques inégalitaires, sexistes, homophobes, racistes, et bafouer les valeurs que nous défendons", a déclaré pour sa part le Planning familial, qui ne donnera pas pour autant "un blanc-seing à Emmanuel Macron" car son "projet ultralibéral n'est pas une réponse à la réduction des inégalités".

Les Glorieuses, une newsletter féministe, appelle également à voter "contre la haine".

Dans un tweet, le mouvement Femen, dont six militantes ont été interpellées dimanche après avoir manifesté masquées et poitrines nues à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, non loin du bureau de vote de la candidate FN, a déclaré que sa "détermination à dénoncer Marine Le Pen (...) n'en est que renforcée! #NoPasaran".

C.H.A. avec AFP