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RER B: RATP et SNCF menacent Alstom d'une action en justice après sa décision de retirer l'offre de Bombardier

Alstom a décidé de retirer l'offre de Bombardier pour le renouvellement des rames du RER B.

Alstom a décidé de retirer l'offre de Bombardier pour le renouvellement des rames du RER B. - Geoffroy VAN DER HASSELT © 2019 AFP

Alstom a annoncé ce jeudi retirer l'offre de Bombardier pourtant retenue par la RATP et la SNCF pour fournir les nouvelles rames de la ligne B du RER.

Le groupement constitué de la RATP et de SNCF Voyageurs a menacé jeudi d'engager des poursuites judiciaires contre Alstom après la décision de ce dernier de retirer l'offre de Bombardier Transport, pourtant retenue pour fournir les nouvelles rames de la ligne B du RER.

Le groupement "dénonce avec fermeté" cette décision et "se dit prêt à engager toutes les actions judiciaires à l'encontre d'Alstom-Bombardier, compte tenu de l'engagement pris par le groupement Bombardier" et l'Espagnol CAF "lors de la remise de l'offre ferme", dans un communiqué publié quelques heures après l'annonce du groupe français.

Une offre "trop belle pour être vraie"

Dans une interview accordée au Figaro après l'annonce de la décision de retirer l'offre, Henri Poupart-Lafarge, PDG d'Alstom, avait dit être conscient du "risque en termes d'image pour Alstom", et assumait la perspective d'un recours en justice. "Si nous sommes attaqués, nous expliquerons en détail pourquoi l'offre que nous retirons n'est ni viable ni exécutable", a-t-il indiqué.

Auparavant, le constructeur ferroviaire s'est justifié dans un communiqué en affirmant que "les conditions technico-financières de l'offre du consortium Bombardier-CAF ne correspondent pas aux prix de marché et ne permettent pas d'exécuter ce contrat sans risques importants pour le financeur, l'exploitant, les voyageurs et pour notre entreprise".

"Cette offre est trop belle pour être vraie", a par ailleurs expliqué le PDG d'Alstom dansson entretien au Figaro. "Elle montre une agressivité sur les coûts qui n'est pas raisonnable. Les choix techniques ne comportent aucune marge d'erreur, ceux des équipements sont réalisés au plus juste et le gabarit des trains n'est pas aux normes". Le calendrier est en outre trop serré et les coûts sous-estimés, a-t-il accusé.

B.R. avec AFP