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Paris: un campement de 300 migrants s'installe devant l'Hôtel de Ville

Des migrants sans-abris et leurs soutiens ont installé jeudi soir environ 250 tentes sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris, pour réclamer une solution d'hébergement.

Ce jeudi soir, 300 personnes se sont installées devant l'Hôtel de Ville de Paris pour "appeler d'urgence à l'aide" et demander à l’État "des solutions d’hébergement dignes et pérennes", a annoncé l'association Utopia 56, qui défend les exilés, dans un communiqué de presse.

Ces personnes, pour l'essentiel des familles originaires d'Afrique subsaharienne ou des mineurs, ont déployé les tentes pour s'y installer au moment où les cloches de la mairie sonnaient 20 heures.

"Depuis deux semaines, notre réseau d’hébergement solidaire est saturé. Chaque jour, nous distribuons des tentes à des dizaines de familles à la rue qui dorment sous les ponts à la périphérie de Paris. La préfecture et la mairie de Paris sont informées de ces situations indignes. La préfecture ignore nos alertes. La mairie, au travers de Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris, chargé du logement, pointe la responsabilité à l’État", a-t-elle dénoncé dans le communiqué.

Utopia 56 a affirmé observer "une saturation de l’hébergement d’urgence du 115", "un refus d’ouverture par l’État de structure de premier accueil inconditionnelle des demandeurs d’asile en Île-de-France" et "l’intimidation des pouvoirs publics envers les acteurs de la solidarité".

Déjà occupé le 1er septembre

Sur le parvis, déjà occupé le 1er septembre dernier par une action similaire, Diabaté Bandiaba, une Ivoirienne de 29 ans installée dans une tente avec sa fille de deux ans, explique vouloir sortir du cycle d'hébergement pour une nuit "avant d'être remise dehors", qu'elle vit depuis six mois et le rejet de sa demande d'asile.

Plus loin, Agnini Kouamé, père d'une fillette de deux ans née en France, ne demande rien d'autre. "On cherche une solution plus longue. À la rue, notre enfant est toujours malade. On est ici parce qu'on n'a vraiment pas le choix", explique cet autre Ivoirien de 41 ans.

Dans une lettre datée de mercredi envoyée par la mairie de Paris à la préfecture de région, l'adjoint d'Anne Hidalgo en charge de l'accueil des réfugiés, Ian Brossat, attire l'attention de l'État "sur la situation des familles demandeuses d'asile sans solution d'hébergement à Paris, dont les signalements se multiplient".

"Pour ne pas laisser perdurer cette situation, au risque de voir se reconstituer des campements de grande ampleur tels qu'ils ont pu exister ces dernières années dans le nord parisien", a-t-il ajouté, "nous demandons qu'une prise en charge des familles puisse être réalisée dans les meilleurs délais".

Clément Boutin avec AFP