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Paris: quel bilan pour la "salle de shoot" dans le 10e arrondissement?

L'unique salle de consommation à moindre risque à Paris se trouve à l'hôpital Lariboisière.

L'unique salle de consommation à moindre risque à Paris se trouve à l'hôpital Lariboisière. - BFM Paris

Presque cinq ans après son ouverture, la salle de shoot du 10e arrondissement à Paris ne fait toujours pas l'unanimité. Des riverains dénoncent des désagréments quotidiens alors que les professionnels de santé et la mairie dressent un bilan positif.

Faut-il d'autres espaces de consommation pour accompagner les toxicomanes dans la capitale? Alors que la mairie de Paris plaide pour l'ouverture de nouveaux lieux mêlant accueil, soins, hébergement et espace de consommation, notamment à destination des consommateurs de crack, où en est-on dans le 10e arrondissement? Depuis 2016, l'hôpital Lariboisière accueille une "salle de consommation à moindre risque", plus trivialement appelée "salle de shoot".

Presque cinq ans après son ouverture, les riverains de ce quartier continuent de dénoncer des désagréments quotidiens. Certains assistent régulièrement à des scènes d'injection depuis leur fenêtre.

"On l'a en face de chez nous et sous nos fenêtres, c'est un peu choquant. Ça hurle, ça boit, ça fait ses besoins, pipi partout. Ça jette les détritus partout. C'est un joyeux bordel", témoigne Mickaël, un riverain et membre d'Union Parisienne, à BFM Paris.

Les habitants du quartier affirment même que certains consommateurs peuvent se révéler agressifs, ce qui entraîne des bagarres dans la rue et un climat très anxiogène. Maxime, un membre du collectif Riverains Lariboisière Gare du Nord déclare voir "régulièrement des altercations, des agressions".

"Certains riverains ont été victimes d'agressions, ce sont des intrusions dans les immeubles", explique Maxime.

Un bilan positif pour les professionnels de santé et la mairie

Mais les professionnels de santé n'en démordent pas: ces salles permettent de réguler la consommation et d'accompagner les toxicomanes vers un sevrage progressif. Dans un document publié en mai 2021, l'Inserm dresse un bilan positif de cette salle de consommation qui diminue le nombre d'injections dans l'espace public, le risque d'overdose ou encore la probabilité de commettre des délits.

"Il faut pouvoir proposer un espace adapté. Les premières personnes à demander à arrêter de consommer, ce sont des consommateurs de produits. Et on va faire ce travail d'accompagnement pour toutes les personnes qui font la demande de sevrage et de soin en addictologie", explique à BFM Paris Thomas Dusouchet, le directeur adjoint de l'association Gaïa.

La mairie tire aussi un bilan positif de cette salle de shoot, notamment concernant la propreté des rues.

"Les centaines de seringues qui étaient retrouvées dans les parkings, dans les cages d'escaliers, désormais ne sont plus là. Des distributeurs de seringues d'abord, les récupèrent mais la salle de consommation permet aussi d'avoir avec les consommateurs, un dialogue qui leur permet de mieux respecter l'environnement", explique la maire PS du 10e arrondissement, Alexandra Cordebard.

La municipalité de Paris souhaite désormais demander une dérogation pour pouvoir ouvrir plusieurs salles d'inhalation qui serviraient d'accueil de jour voire de nuit. A ce jour, seules des salles d'injection sont possibles.

Marine Langlois