BFM Paris

Paris: LaREM placarde des milliers d'affiches, la mairie exprime son "ras-le-bol"

Le parti présidentiel a mené une gigantesque campagne d'affichage sauvage ces derniers jours dans la capitale. La mairie dénonce le coût du nettoyage.

Difficile de ne pas les voir dans la capitale. Des centaines et des centaines d'affiches du président Emmanuel Macron accompagné du slogan "Ensemble, nous réussirons", ont fleuri un peu partout à Paris: sur le mobilier urbain, sur les barrières de chantier, sur des rideaux de fer et même des boîtes aux lettres de la Poste...

"On se sent déjà un peu en campagne électorale", remarque un habitant au micro de BFM Paris. "J'aurais préféré qu'ils (LaREM, ndlr) s'occupent des vrais problèmes actuels", déplore une autre.

Intervention d'un prestataire?

Cette opération de collage sauvage est signée du parti présidentiel. LaREM a envoyé près de 200.000 affiches à coller à travers la France, dont une grande partie à Paris. A la direction, on assume cette campagne.

"C'est avant tout un travail de militants politiques qui veulent porter un message de rassemblement", assure Roland Lescure, porte-parole de LaREM. Il admet tout juste une possible intervention "dans certains endroits (...) de prestataires pour trouver les bons lieux d'affichage".

"Je regrette que certains essayent de faire des polémiques un peu faciles sur un message important qui est: 'dans ce moment très difficile il faut qu'on soit tous ensemble'", poursuit le député.

Une façon de répondre aux doutes qui entourent cette campagne d'affichage sauvage. "Le mode opératoire, la rapidité, les cibles choisies comme les barricades de chantier et autres points inaccessibles montrent plutôt l'œuvre d'une entreprise", affirme ainsi un élu dans Le Parisien.

La mairie dénonce le coût pour la collectivité

Du côté de la mairie, Colombe Brossel, l'adjointe en charge de la propreté, ne cache pas son "gros sentiment de ras-le-bol".

"Est-ce qu'on a besoin d'aller souiller ce qui fait notre bien commun et de mobiliser des agents de la propreté qui vont passer des heures à nettoyer? Tout ça n'a aucun sens", déplore l'élue, qui dénonce aussi "le coût pour la collectivité".

Chaque année, les campagnes d'affichage sauvage coûtent ainsi plusieurs centaines de milliers à la municipalité. Mais si habituellement, la mairie en facture une partie aux marques - en 2019, une marque de tongs avait dû payer de 8000 euros de nettoyage -, le parti d'Emmanuel Macron devrait passer entre les gouttes.

"A la différence des cas d'affichage sauvage à visée commerciale, la Ville ne fait pas de démarche de recouvrement pour l'affichage politique", explique une source municipale auprès du Parisien.

Par Anaïs Crouts avec Benjamin Rieth