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Paris: Emmanuel Grégoire appelle à "la clarté" après la confusion sur le couvre-feu

Le premier adjoint d'Anne Hidalgo a demandé au gouvernement de "recadrer" son porte-parole, qui a annoncé ce mardi un couvre-feu dans la capitale. Une mesure pas décidée "à ce stade" selon Matignon.

Moins d'une heure après l'annonce sur RMC-BFMTV de l'instauration d'un couvre-feu à Paris par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, le cabinet du Premier ministre a démenti l'information. "Cette mesure va être concertée avec la municipalité parisienne par la préfecture mais n’est pas décidée à ce stade. Une décision sera prise dans les prochains jours", a communiqué Matignon.

Un couac qui n'a pas plu à la mairie de Paris, qui assure ne pas avoir été mise au courant de l'annonce faite par Gabriel Attal. "De ce que l'on en sait il n'est pas question d'un couvre-feu (...) Nous n'en avons pas été informés, a ainsi déclaré le premier adjoint à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, sur BFMTV ce mardi.

Surpris par la confusion autout de cette mesure, l'élu a par ailleurs appelé le gouvernement à plus de "clarté":

"La période est difficile, c'est difficile pour le gouvernement français, mais ça nécessite du sang-froid, de la clarté dans les messages, de la coordination sur ces messages, le contrôle de leur mise en oeuvre pour éviter les polémiques politiciennes", a déclaré Emmanuel Grégoire.

"On appelle à ce que le porte-parole soit recadré, que chacun revienne à la raison et qu'on puisse travailler sereinement", a ajouté le premier adjoint.

Pas de couvre-feu, mais "des ajustements" en discussion

Si la mise en oeuvre d'un couvre-feu n'est pour l'instant pas validée, Emmanuel Grégoire n'a pas écarté un durcissement des restrictions visant l'ouverture des magasins ou les déplacements des Parisiens.

"Il y a des discussions très étroites, constructives, avec le gouvernement et la préfecture de police sur des ajustements", a-t-il confirmé, précisant qu'il "est question d'ajuster des horaires de fermeture de certains magasins, notamment en livraison ou en collecte, pour lesquels il y a des attroupements qui inquiètent la police".

Le premier adjoint a tout de même appelé le gouvernement à ne pas se focaliser sur Paris, estimant que "tous les endroits denses, urbains", étaient touchés par des rassemblements ou attroupements dans les commerces.

Emmanuel Grégoire qui déplore par ailleurs "des mots extrêmement désagréables à l'endroit d'Anne Hidalgo" de la part du gouvernement, renvoie l'équipe gouvernementale dans les cordes. "C'est le rôle du gouvernement, de la police, de veiller à la bonne application des mesures qu'il prend", rappelle-t-il et d'ajouter: "il peut difficilement se tourner vers les maires en leur reprochant de ne pas appliquer les mesures qu'il décide et dont il a la charge de la bonne mise en oeuvre".

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions