BFM Paris

Comment la mairie de Paris veut supprimer la moitié des places de stationnement

Une consultation en ligne est lancée ce mardi sur l'avenir des quelque 60.000 places de stationnement que la mairie de Paris veut supprimer.

D'ici 2026, le nombre de places de stationnement en surface va drastiquement diminuer à Paris. L'exécutif parisien s'est fixé pour objectif de supprimer la moitié des places de stationnement dans les rues de la capitale.

"Nous voulons aujourd'hui corriger cette anomalie qui veut que grosso modo 50% de l'espace public est encore dévolu à la voiture individuelle, alors que ça ne représente que 13% des flux", a justifié ce mardi David Belliard, l'adjoint écologiste en charge des transports, lors d'une conférence de presse.

En tout, l'espace libéré représenterait 60 hectares selon la mairie de Paris, "2,5 fois le parc des Buttes-Chaumont". "Cette démarche répond à une aspiration des Parisiennes et des Parisiens d'améliorer la qualité de vie, d'avoir plus d'espace pour pouvoir mieux circuler et d'avoir une ville plus apaisée", argue David Belliard.

>Supprimer des places, pour en faire quoi?

L'objectif d'ici la fin de la mandature est donc de supprimer environ 60.000 places et de les convertir à d'autres usages que celui du stationnement automobile. Mais pour en faire quoi?

A ce sujet, la mairie de Paris lance ce mardi une concertation en ligne à destination des Parisiens avec une question principale: "que feriez-vous de 10m2 en bas de chez vous?". Dans le questionnaire, les participants sont notamment invités à se prononcer sur les services qu'ils souhaiteraient en priorité sur cet espace public libéré. Il est question de conteneur pour le tri sélectif, de vélobox ou encore de fontaines ou même de toilettes publiques. La mairie propose aussi de les végétaliser.

"La ville du 21e siècle ne ressemblera plus à ce qu'elle était au 20e siècle", insiste Christophe Najdovski, maire-adjoint en charge de la végétalisation de l'espace public. L'élu évoque la possibilité de "planter des arbres ou des jardinières, la possibilité de faire un lien en débitumant des plantations existantes" mais aussi de créer des "rues potagères".

"La bande de stationnement représente un potentiel en termes de végétalisation", résume-t-il.

>Où iront se garer les voitures?

La suppression de la moitié du parc de stationnement en surface aura forcément un impact sur les automobilistes qui circulent dans la capitale. L'exécutif parisien propose de mobiliser le parc en sous-sol.

"Notre logique est de libérer l'espace en surface et de mieux optimiser l'espace en sous-sol. On a un stock de places de parking extrêmement important. On estime que pour une place en surface, nous en avons cinq en sous-sol", précise David Belliard.

Outre les parkings d'exploitants privés, la mairie a demandé aux bailleurs sociaux de dresser un état des lieux des places disponibles.

>Maintien des places pour les personnes handicapées

La mairie de Paris l'assure, son projet a pour but de créer une "ville accessible à tous". Pas question donc de supprimer les places de stationnement en surface pour les personnes à mobilité réduite. "On a plus de 40.000 personnes qui disposent d'une carte de mobilité inclusion. Ces personnes doivent pouvoir bénéficier du même nombre de places", insiste Jacques Galvani, maire-adjoint en charge de l'accessibilité.

"On ne détruira pas ces places. Si elles doivent être supprimées à certains endroits, elles seront recréées", assure-t-il.

L'exécutif promet une vigilance sur la fraude à ces cartes de stationnement, estimée à "un tiers", selon Jacques Galvani. "Tout ça se fait au détriment des personnes qui ont réellement besoin d'utiliser ces cartes de stationnement", déplore l'élu.

A l'issue de cette concertation, une conférence citoyenne se réunira du 27 novembre au 5 décembre autour d'ateliers thématiques. Elle rassemblera un "panel représentatif" des habitants mais aussi des professionnels et des représentants du milieu associatif.

La mairie de Paris, régulièrement critiquée par les communes voisines pour son manque de concertation, souhaite aussi associer des acteurs de la métropole dans le cadre de cette conférence, pour questionner la place de la voiture à une échelle plus large. La mairie de Paris espère ensuite un rendu sur ces concertations "en début d'année prochaine".

https://twitter.com/caroleblanchard Carole Blanchard Cheffe de service BFM Régions