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Île-de-France: six patients transférés ce week-end par voie aérienne vers d'autres régions

Trois patients sont en cours de transfert ce samedi de l'Île-de-France vers la région des Pays de la Loire. Trois autres malades franciliens vont être déplacés dimanche depuis le Val-de-Marne.

Face à l'afflux de malades en réanimation en Île-de-France, des transferts de patients vers des régions moins touchées ont commencé ce samedi, a annoncé sur BFMTV Frédéric Adnet, le directeur médical du SAMU de Seine-Saint-Denis.

Trois patients sont en cours de transfert vers la région des Pays de la Loire, dont un de l'hôpital d'Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis) vers Nantes. Un autre, hospitalisé à l'hôpital Pompidou de Paris va être déplacé à Angers. Le dernier, de l'hôpital de Beaujon (Hauts-de-Seine) sera transféré au Mans.

Ces patients sont transportés via hélicoptère vers les régions les "moins impactées, l'Ouest et le Sud-Ouest", a-t-il ajouté.

Pour transférer ces patients de réanimation, qui sont "des patients extrêmement graves", il y a plusieurs critères à respecter, a expliqué Frédéric Adnet. Il faut qu'ils soient "stables d'un point de vue ventilatoire et d'un point de vue cardiaque". "L'accord et le consentement des proches" sont également nécessaires.

"C'est extrêmement difficile, car c'est voir quelqu'un de sa famille avec le pronostic vital engagé s'éloigner de l'autre côté de la France. Bien sûr, on a un certain nombre de refus et on respecte les volontés de la famille", a-t-il ajouté.

Trois transferts prévus ce dimanche

Selon nos informations, trois autres transferts de patients franciliens seront organisés ce dimanche. Les trois patients concernés sont hospitalisés dans la Val-de-Marne: le premier sera transporté vers les Pays de la Loire en hélicoptère, et les deux autres en avion sanitaire en Nouvelle-Aquitaine. Le transfert de patients va par ailleurs s'accélérer dans les prochains jours.

Les soignants d'Ile-de-France se mettent "en ordre de bataille pour organiser des transferts plus massifs" qui nécessitent "une logistique extrêmement lourde", a indiqué Frédéric Adnet.

"Pour organiser des transferts plus conséquents, il va peut-être falloir renouveler ce qu'on avait fait pendant la première vague, soit organiser des transferts par train, par TGV, pour emmener des patients d'Ile-de-France vers la province", a-t-il précisé.

Avec le transfert des patients, la déprogrammation est l'autre solution qui a été mise en place pour libérer des lits en réanimation. Mais la déprogrammation a "un coût sanitaire" et "une limite", a mis en garde le directeur médical du SAMU de Seine-Saint-Denis.

Jeudi, lors du point presse hebdomadaire du gouvernement, Olivier Véran s'est inquiété d'un afflux important de malades en réanimation, soulignant qu'un Francilien est admis en réanimation "toutes les 12 minutes".

"Des dizaines, voire des centaines" de transferts de patients sont en préparation, a indiqué vendredi le ministère de la Santé.

Clément Boutin avec Tony Bleteau