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Ile-de-France: le port du masque obligatoire source de tensions dans les transports en commun

En tentant de faire respecter le port du masque dans les transports en commun d'Ile-de-France, conducteurs et médiateurs sont régulièrement pris pour cibles par des voyageurs mécontents de cette mesure.

Depuis que le port du masque est obligatoire à bord de son bus, Nicolas, chauffeur Transdev en Ile-de-France depuis sept ans, doit veiller chaque jour au bon respect de cette mesure.

Une tâche compliquée pour le conducteur, qui assure à BFM Paris qu'il s'agit d'un "travail supplémentaire, un stress en plus". Après des incivilités en série, la perception qu'il a de son travail a en effet évolué:

"On prend le volant et on ne sait pas ce qui peut se passer, c'est de l'imprévu", explique Nicolas. Parfois, on a cette petite boule au ventre qui fait qu'on voudrait plus de sécurité dans les transports."

"J'ai eu droit à un geste grossier, des insultes"

Des agents de médiation sont déployés sur de nombreuses lignes de transports en commun franciliens pour aider les chauffeurs à faire respecter le port du masque. Mais eux aussi sont régulièrement pris pour cible et victimes d'incivilités de la part de voyageurs mécontents de devoir porter un masque.

"Ça m'est arrivé d'avoir des échanges difficiles avec un monsieur qui estimait qu'en n'étant que trois dans le bus, quatre avec le conducteur, ce n'était pas nécessaire de porter le masque", raconte Sarah, agent de médiation. "Quand il est sorti du bus, j'ai eu droit à un geste grossier, des insultes..."

Avec l'augmentation de la fréquentation des transports en commun depuis le déconfinement, ces agressions sont devenues quotidiennes sur le réseau francilien.

"Nous, on est en fin de service et les gens en on ras-le-bol, déplore Abdel Bel Fourar, conducteur de bus et délégué syndical chez Transdev. Donc des fois, ils se vengent un peu sur nous, sur le chauffeur."

Ce phénomène reste cependant difficilement quantifiable, la majorité des agents victimes ne portant quasiment jamais plainte contre les voyageurs.

Des violences partout en France

Ces incivilités ne se limitent malheureusement pas à la seule région parisienne puisque plusieurs chauffeurs de transports en commun ont été violemment agressés ces dernières semaines, verbalement et physiquement, par des passagers refusant de porter le masque.

Fin juillet, un conducteur de tramway de Dijon a ainsi été frappé au visage par deux jeunes, tout comme à Orléans, où un chauffeur de bus s'est vu prescrire quatre jours d'ITT après avoir reçu des coups de la part d'un mineur refusant de porter le masque.

Plus tragique encore, un conducteur de bus est mort le 10 juillet dernier à Bayonne. Il avait été agressé après avoir demandé à plusieurs passagers de porter un masque.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions