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Fermeture de la patinoire de Colombes: l'équipe de ballet face au risque de disqualification à la Nation's Cup

Des habitants et sportifs de Colombes, dans les Hauts-de-Seine, ont manifesté jeudi contre la fermeture de la patinoire Philippe-Candeloro.

"Laissez-nous patiner". Pour ces habitants de Colombes, dans les Hauts-de-Seine, la décision de la municipalité de fermer la patinoire ne passe pas. L'annonce a fait l'effet d'une véritable douche froide pour les clubs sportifs affiliés à la patinoire de Colombes, notamment pour l’équipe junior de ballet sur glace, qui a décroché en mai dernier le titre de championnes de France.

Parmi ces quinze patineuses âgées de 12 à 17 ans, "la tristesse, l'écoeurement et l'incompréhension" règnent, regrette Elisabeth Colmar, présidente du club de patinage Colombes sur glace.

"Les patinoires aux alentours sont toutes saturées, on ne trouve pas d'heures de glace. C'est compliqué de les envoyer loin, puisqu'elles sont mineures. Puis, en plus des deux heures d'entraînement par semaine au ballet, elles ont besoin de patiner à côté", explique-t-elle.

Leur titre de championnes de France leur a permis de se qualifier pour la Nation's Cup, compétition internationale qui se tiendra à Boston, aux Etats-Unis, en avril 2023. Tout comme l'équipe adulte de ballet de Colombes, arrivée troisième au critérium, équivalent du championnat de France. Mais, assure la présidente du club de patinage, "s'il ne leur est pas possible de s'entraîner, elles seront disqualifiées d'office".

Une pétition lancée

Jeudi, des riverains, venus en nombre, ont une nouvelle fois manifesté devant l'Hôtel de Ville pour sauver la patinoire. Si la nouvelle a été rendue officielle samedi, les habitants sont déjà mobilisés depuis le mois de mars dernier. La Ville avait alors évoqué la fermeture de l'équipement sportif, ouvert en 1974, invoquant des coûts de fonctionnement trop élevés. Dans la foulée, une pétition en ligne avait été lancée par l'élue d'opposition Amélie Delattre; à ce jour, 6.357 signatures ont été récoltées.

"Nous avons des personnes qui vont se retrouver au chômage, des jeunes sans activité sportive, des enfants sans possibilité d'aménagement scolaire. Je suis, mais vraiment, scandalisée", a réagi Elisabeth Colmar au micro de BFM Paris Île-de-France.

Dans le dernier numéro du magazine municipal paru le 30 juin, la mairie parle d'un bâtiment énergivore et amianté, qui ne constitue pas une priorité. "A la suite des élections municipales il y a maintenant deux ans, nous avons eu confirmation que de nombreux équipements (bâtiments municipaux, sportifs, voiries...) étaient dans un état de vétusté qui nécessitait un plan global de réhabilitation. Nombre d'entre eux devaient être considérés en urgence, la priorité étant donnée à ceux recevant du public", peut-on lire dans le bulletin de la Ville.

Sarah Boumghar