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Des sites des JO 2024 menacés en Seine-Saint-Denis? Des élus appellent à "cesser de jouer avec la banlieue"

Le comité d'organisation des Jeux olympiques de 2024 réfléchirait à déplacer des épreuves prévues dans le département.

Il est censé accueillir des épreuves des Jeux olympiques de 2024, mais le futur terrain de volley-ball encore en friche du Bourget pourrait bien rester vague et ne jamais voir passer de délégation internationale. Selon des informations obtenues par RMC Sports et BFM Paris, certains sites de Seine-Saint-Denis où doivent se dérouler des compétitions lors des JO de Paris 2024 seraient en effet menacés.

Pour faire face aux conséquences budgétaires du Covid-19, le Comité d'Organisation des Jeux Olympiques - le COJO - cherche à faire des économies. Et ces dernières pourraient se répercuter sur le département et font craindre l'abandon de chantiers ou le déplacement d'épreuves dans des structures déjà existantes.

Outre le terrain de volley-ball du Bourget, le site de tir de La Courneuve pourrait lui aussi ne jamais voir le jour, de même que le Village Média, dont l'installation est pour l'instant prévue à Dugny.

L'argument du retard des lignes 16 et 17

Sans surprise, la possibilité d'un déplacement des sites de compétition et de l'abandon de plusieurs chantiers déplaît fortement aux élus de Seine-Saint-Denis, à commencer par Stéphane Troussel, son président.

"Les larmes qui auront été versées sur le sort de la Seine-Saint-Denis durant la crise sanitaire n'auront été que des larmes de crocodile", a-t-il déploré au micro de BFM Paris.

Si du côté du COJO, l'argument avancé est celui du retard des travaux des lignes 16 et 17 - qui risquent de ne pas être terminés en 2024 en Seine-Saint-Denis, cette justification est rejetée par plusieurs élus, comme Jean-Baptiste Borsali, maire du Bourget.

"On a le RER B, on a la Tangentielle nord, on a la métro à La Courneuve donc on sait acheminer du public, a-t-il fait valoir. Ca ne doit pas être un argument pour dire qu'on arrête, alors que les infrastructures de transport sont déja présentes."

Une vision partagée par le sénateur UDI de Seine-Saint-Denis Vincent Capo Canellas. "Le Covid a bon dos! Tout ne peut pas être ramené à ça", a-t-il déclaré à BFM Paris. "Un mois et demi d'arret de chantier ne peut pas produire 5 à 6 mois de retard", selon lui.

Des inquiétudes sur l'emploi

Vincent Capo Canellas s'inquiète également des conséquences du potentiel déplacement des épreuves menacées sur l'emploi et la population de son département.

"Il faudrait que le COJO cesse de revoir un plan qui a déjà été vu et revu, a-t-il déclaré. Il faut cesser de jouer avec la banlieue, la population, et se dire qu'on parle d'héritage. On parle des Jeux olympiques comme devant laisser une trace pour nos habitants", a-t-il avancé.

Même si rien n'a pour l'instant été acté, le déplacement des épreuves et l'abandon des chantiers en cours est également source d'inquiétude pour les associations.

"Si on commence à baisser la garde sur les emplois, ça va avoir des conséquences importantes dans un territoire qui est déjà fortement frappé par le chômage", déplore Mathieu Glaymann, directeur de la régie de quartier de Saint-Denis.

Selon un membre du conseil d'administration des Jeux olympiques, le plan d'économie envisagé pour l'organisation de l'événement pourrait atteindre les 300 à 400 millions d'euros, soit près de 10% du budget global de ces deux semaines de compétition. Le programme complet et définitif des Jeux olympiques, notamment la localisation des épreuves, devrait être arrêté d'ic la fin de l'année.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions