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Paris: des "militants en lutte contre la précarité" s'en prennent à un magasin Carrefour

Carrefour

Carrefour - AFP

Des personnes se présentant comme militantes ont déployé, ce samedi, une banderole avant d'entrer dans un magasin Carrefour du XIIIe arrondissement juste avant 11h00, et de s'emparer de produits de première nécessité dans les rayons.

Une soixantaine de personnes se revendiquant comme "militants en lutte contre la précarité" se sont emparées de produits de première nécessité au détriment d'un magasin Carrefour du XIIIe arrondissement de Paris ce samedi.

Selon des sources concordantes, les personnes se présentant comme militantes ont déployé une banderole avant d'entrer dans le magasin juste avant 11h00, et de s'emparer de produits de première nécessité dans les rayons.

Après des négociations, le magasin les a laissées repartir avec des caddies remplis de produits alimentaires et hygiéniques, devant des policiers qui ont procédé à des contrôles d'identité.

Le directeur du magasin a souligné des "moments de tension" et regretté la mise en danger de ses clients.

"Carrefour étudie les suites à donner en matière judiciaire", a indiqué une porte-parole de l'enseigne.

"Nous déplorons vivement de tels agissements qui ont suscité une vive émotion parmi nos clients et nous saluons le professionnalisme de nos équipes qui ont su éviter la confrontation et fermer le magasin dans le calme", a réagi la porte-parole du groupe Carrefour.

"Un appel public à dénoncer la crise sociale"

Le magasin a ensuite été fermé pendant une heure, pour permettre aux employés de reprendre leurs esprits.

"Nous sommes un collectif de personnes en précarité investies dans la solidarité et nous avons décidé de mener cette action politique pour alerter sur la crise sociale", a expliqué Mafalda*, l'une des personnes présentes dans l'enseigne.

Louisa*, une autre "militante" présente, a défendu "une action absolument non violente" et a affirmé que les produits seront redistribués à des personnes en situation de précarité "notamment à des mères isolées, des cantines et des étudiants". "Ce n'est pas une action ponctuelle, c'est un appel public à dénoncer la crise sociale", a-t-elle argumenté. "L'État ne fait rien pour les personnes précaires, nous on agit."

*Les prénoms ont été modifiés à la demande des "militants" afin de préserver leur anonymat.

C.Bo. avec AFP