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Couvre-feu et culture à Paris: "il y aura des représentations", mais aussi "beaucoup de pertes"

Le producteur de spectacles Jean-Marc Dumontet promet que ses salles continueront à proposer des pièces de théâtre. Mais certaines structures parisiennes craignent de ne pas réussir à s'adapter.

Les salles de spectacles et de théâtre parisiennes n'échapperont pas au couvre-feu qui débutera samedi en Ile-de-France. Dès 21 heures, les Franciliens devront être rentrés chez eux. Conséquence: les pièces de théâtre et toutes les représentations culturelles devront débuter plus tôt pour permettre aux spectateurs d'y assister. Une contrainte à laquelle toutes les salles ne pourront pas forcément s'adapter.

Invité de BFM Paris ce jeudi, le producteur de spectacles Jean-Marc Dumontet a assuré que les représentations prévues dans ses salles auraient malgré tout lieu.

"Il y aura évidemment des représentations, elles démarreront à 19 heures, a-t-il déclaré. Comme ça, le spectacle finira à 20h30 et à 21 heures, ils (les spectateurs, NDLR) seront chez eux."

"On va forcément avoir beaucoup de pertes"

Les syndicats dénoncent quant à eux un couvre-feu pris sans concertation avec les professionnels du secteur. Car aux yeux de Bertrand Thamin, président du syndicat des théâtres privés et directeur du Théâtre Montparnasse, un aménagement des représentations paraît très compliqué à mettre en oeuvre en seulement 48 heures.

"J'ai des caissiers qui, demain et après-demain, vont passer leur journée à appeler tous les spectateurs pour leur proposer de venir à 19h au lieu de 21h. On va forcément avoir beaucoup de pertes parce qu'un certain nombre de gens ne pourront pas", a-t-il déploré au micro de BFM Paris.

"Il faut des respirations, on est là pour les offrir"

Pour Jean-Marc Dumontet, le maintien autant que possible des spectacles est un "devoir" pour les professionnels du secteur. "On a besoin de dérivatifs, d'oxygénation, on a besoin de vivre. Et le théâtre ça va nous permettre de vivre", a-t-il assuré sur BFM Paris.

"Je pense qu'on a besoin de cette respiration parce qu'autrement, rentrer tous les soirs à 21 heures, ça va devenir assez anxiogène. Il faut vraiment des respirations, on est là pour les offrir."

Le producteur promet par ailleurs que le protocole sanitaire est respecté à la lettre dans les salles qu'il détient, telles que Bobino, le Point Virgule, le Théâtre Antoine ou encore le Sentier des Halles.

"Nos endroits sont sûrs, on porte un masque en permanence. Il n'y a pas de projection, de contamination possible", a-t-il jugé.

"On ne peut pas faire mieux. Il y a des sièges vacants entre les spectateurs (...), on fait partir le public rangée par rangée, on prend la température des gens, on exige qu'ils se lavent les mains à l'entrée", a-t-il résumé, encourageant les Parisiens à continuer à se rendre au théâtre malgré le couvre-feu.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions