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Couvre-feu, confinements: la crise sanitaire a fait baisser la délinquance à Paris, pas les violences conjugales

Commissariat de police (illustration)

Commissariat de police (illustration) - JACQUES DEMARTHON / AFP

Selon les derniers chiffres de la préfecture de police, les faits de délinquance comme les cambriolages et les vols ont diminué à Paris sur les premiers mois de l'année 2021. En revanche, les violences conjugales et violences sexuelles recensées ont augmenté.

Ce sont des chiffres éloquents. Selon les derniers chiffres de la préfecture de police, révélés par Le Parisien, la crise sanitaire a eu un effet certain sur le recul de la délinquance à Paris, par rapport à 2019.

Confinement et couvre-feu obligent, la préfecture a recensé 13% d'agressions en moins entre le 1er janvier et le 30 septembre 2021, par rapport à la même période de l'année 2019, avant de repartir à la hausse sur l'année 2020 (+2%).

Même constat pour les cambriolages, en baisse de 14,85% à l'échelle de la capitale. Les vols dans les transports en commun, moins fréquentés pendant la crise et les confinements, sont aussi en baisse de 14,52%.

Ces baisses concernent la grande majorité des arrondissements, à l'exception toutefois de quelques-uns comme le XIIIe et le XVe. Ce dernier a connu une hausse globale de la délinquance sur les neuf premiers mois de l'année. Tous les indicateurs se sont dégradés entre janvier et septembre 2021 par rapport à la même période en 2020. Les faits de violences physiques ont augmenté de près de 20%, celles pour cambriolages de 6%, et celles pour vols dans les transports en commun de 3%.

Dans Le Parisien, le maire de l'arrondissement Philippe Goujon évoque notamment la recrudescence des rixes.

"Nous avons un développement important des affrontements entre bandes dans notre arrondissement et aussi l'arrivée de mineurs étrangers isolés, consommateurs de drogues dures", explique-t-il.

Hausse des violences conjugales

Les faits de violences conjugales ont par ailleurs bondi de 43% dans l'arrondissement. Une hausse spectaculaire dans le 15e mais aussi une hausse globale à l'échelle de la capitale. Selon les chiffres de la préfecture les faits de violences conjugales recensées ont bondi de plus de 15%. Une hausse qui peut être reliée aux périodes de confinement.

Selon une enquête de l'IFOP parue en mars dernier, 10% des femmes interrogées déclaraient avoir été victimes de violences conjugales durant le premier confinement. La plateforme de signalement en ligne des violences sexuelles et des violences conjugales avait d'ailleurs enregistré une hausse de 60% des appels à l'échelle du pays, lors du deuxième confinement.

L'augmentation de ces chiffres sur les violences conjugales peut aussi être le fruit de la libération de la parole et des appels des associations à demander de l'aide, depuis la vague #MeToo. En 2018, la Fondation des femmes concluait après une enquête que le mouvement avait permis à 71% de femmes de parler.

Louis Chahuneau