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Commerces non-essentiels: 12 maires réclament des "preuves" de leur dangerosité et saisissent le Conseil d’Etat

Risque-t-on plus facilement d'attraper le Covid dans les commerces non essentiels que dans les grandes surfaces? Des maires de Seine-Saint-Denis ont saisi le Conseil d'Etat et réclament des "preuves".

"Des preuves." C'est ce que réclament douze maires de Seine-Saint-Denis, qui ont saisi le Conseil d'Etat pour demander la suspension du décret fixant la liste des commerces dits "non essentiels" fermés pendant le reconfinement. Selon eux, cette mesure ne repose sur aucune étude scientifique crédible.

"Aujourd'hui, qu'est-ce qui prouve qu'il y a plus de virus chez les petits commerçants que dans les grandes surfaces? Dans un lieu où il y a plus de monde, où on est plus serrés, où on nettoie moins souvent?", s'interroge ce vendredi sur BFM Paris Ludovic Toro, médecin généraliste et maire de Coubron, qui fait partie des élus ayant saisi le Conseil d'Etat.

"L'important quand on fait des annonces sanitaires, c'est de nous amener les documents scientifiques qui les attestent", a-t-il poursuivi. "Pas pour remettre en question le fait qu'il faut absolument tout faire pour se protéger", a assuré le médecin. "Mais quand on prend des décisions, il faut argumenter. Et là, à part la parole gouvernementale, il n'y a aucun argument", a-t-il jugé.

"On va vers une catastrophe sanitaire"

Interrogé sur "le principe de précaution" mis en avant par le gouvernement pour justifier la fermeture des commerces dit "non essentiels", Ludovic Toro estime qu'il s'agit d'une "hypocrisie".

"Aujourd'hui, alors que ça explose (le nombre de cas de Covid, NDLR"), on ne fait pas un confinement total", explique-t-il. Mais je dis au gouvernement: 'Ayez le courage, et faites un confinement total'."

Une mesure qui a "très bien marché" au printemps, explique Ludovic Toro, qui alerte par ailleurs sur l'afflux du nombre de malades dans les cabinets de médecine généraliste comme le sien.

"Nous confirmons que cette épidémie est en train de galoper et les pires prévisions que nous assènent les autorités sanitaires sont vraies. Elles sont constatées parce que nous sommes les premières barrières au niveau médical", alarme-t-il. On va vers une catastrophe sanitaire." Selon le médecin, "c'est pire qu'avant et on fait moins qu'avant".

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions