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Colombes: amende de 3000 euros requise contre le maire qui a comparé la police actuelle à celle de Vichy

Patrick Chaimovitch, le maire de Colombes - image d'illustration

Patrick Chaimovitch, le maire de Colombes - image d'illustration - Capture d'écran BFMTV

L'élu avait comparé le "zèle" des policiers et gendarmes français qui "traquent les migrants" à celui de "leurs ancêtres" ayant "mis en oeuvre la rafle du Vel d'Hiv".

Une amende de 3000 euros a été requise ce mardi contre le maire EELV de Colombes (Hauts-de-Seine) Patrick Chaimovitch, jugé au tribunal de Nanterre pour avoir comparé le "zèle" des policiers et gendarmes français qui "traquent les migrants" à celui de "leurs ancêtres" ayant "mis en oeuvre la rafle du Vel d'Hiv".

Lors d'une cérémonie de commémoration de cette rafle à Colombes le 19 juillet, l'élu de 64 ans avait déclaré: "Les policiers français, les gendarmes français qui ont obéi aux ordres de leurs supérieurs en mettant en oeuvre la rafle du Vel d'Hiv et d'autres rafles après et ailleurs sont les ancêtres de ceux qui aujourd'hui avec le même zèle traquent les migrants, les sans-papiers (...)".

Devant la polémique - le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait porté plainte - l'élu avait expliqué dans un communiqué "regretter que (s)on propos ait pu porter à confusion" et rappelé son "soutien aux policiers et aux gendarmes".

"Je n'ai jamais généralisé"

"Quand on est dans un discours, il faut résumer. J'ai eu tendance à ramasser un certain nombre de propos", a-t-il indiqué mardi à la barre, ajoutant "comprendre que la phrase soit ambiguë et ait pu être mal perçue".

"Je n'ai jamais généralisé, c'est l'interprétation qui en a été faite après", a argumenté l'édile, poursuivi pour injure publique envers la police et la gendarmerie, en expliquant avoir voulu viser "les comportements individuels de certains policiers".

"De l'animosité personnelle", pour Me Sandra Morin, avocate de l'agent judiciaire de l'Etat. Avec ces propos, "on décrit les gendarmes et policiers français comme envoyant les migrants à la mort", a-t-elle plaidé.

"On traite les policiers français, en comparant leur corps sous Pétain et leur corps actuel, de fils de collabos", a déclaré lors de son réquisitoire le procureur qui a demandé une amende de 3.000 euros. "Avec ces propos, quelque part, on justifie le +flic-bashing+", a-t-il ajouté.

Le jugement rendu en juillet

Ce discours du 19 juillet était teinté par l'émotion, a par ailleurs expliqué Patrick Chaimovitch, racontant que ses "grands-parents maternels ont été déportés et exterminés à Auschwitz".

"On ne peut pas accepter qu'un élu de la République salisse des dizaines de milliers de fonctionnaires, en terme d'exemplarité on a connu mieux", a réagi après l'audience Emmanuel Quemener, secrétaire régional pour les Hauts-de-Seine du syndicat policier Alliance qui s'est constitué partie civile. Le jugement sera rendu le 6 juillet.

A.F avec AFP