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Arc de Triomphe emballé: l'Élysée assure que "ce projet ne coûte rien à l'État"

L'Arc de Triomphe empaqueté le 12 septembre 2021

L'Arc de Triomphe empaqueté le 12 septembre 2021 - Thomas Samson - AFP

Alors que l'emballage de l'Arc de Triomphe imaginé par Christo a commencé depuis dimanche, des critiques ont émané sur l'oeuvre de l'artiste contemporain. L'Élysée a tenu à réagir à ces attaques en soutenant le projet.

"On ne sent pas de rejet du projet", assure l'Élysée, interrogé ce mardi par BFMTV sur l'empaquetage de l'Arc de Triomphe.

Alors que le monument parisien a commencé à être emballé de tissus et de cordes ce dimanche, de nombreuses critiques ont pourtant déjà été formulées à l'encontre de cette œuvre imaginée il y a de nombreuses années par l'artiste contemporain Christo, mort en 2020.

Un projet autofinancé

L'une des critiques que l'on retrouve les plus fréquemment concerne le prix de ce chantier pharaonique qui a duré plusieurs mois et mobilisé des dizaines d'ouvriers. Le montant total pour la réalisation de cette œuvre est en effet, de 14 millions d'euros. Un coût conséquent qui a pu indigner certaines personnes sur les réseaux sociaux.

Mais comme le précise le Centre des monuments nationaux (CMN) qui a autorisé l'emballage de l'Arc de Triomphe, le projet est entièrement autofinancé grâce aux ventes des œuvres originales de Christo: collages, dessins, maquettes, ou encore lithographies. Il ne touche donc aucun financement public ou privé.

"Il y a eu des malentendus sur le coût. Ce projet ne coûte rien à l'État. Il est entièrement financé par Christo, cela ne coûte rien au contribuable français", assure l'Élysée.

L'Arc de Triomphe n'est pas le coup d'essai de l'artiste contemporain qui avait déjà emballé le Pont Neuf en 1985 et le Reichstag de Berlin en 1995. Cette œuvre-ci avait d'ailleurs réuni près de cinq millions de visiteurs.

Déjà à l'époque, des critiques avaient été formulées sur l'esthétisme de l'œuvre. Des doutes que l'on retrouve encore aujourd'hui chez certaines personnes notamment des hommes politiques. L'Élysée tient lui à défendre le projet de l'artiste, assurant que “le monde et les esprits ont évolué”.

"Christo a dit que c'était un hommage à Paris, sentir le vent qui traverse la pierre, jouer avec la lumière, un clin d'œil au drapeau français, aux toits de Paris... Il faut arriver à expliquer la démarche, pourquoi une œuvre d'art de ce type est possible", soutient la présidence de la République.

Interrogé également sur la date de réalisation de ce projet, qui avait déjà été reporté à deux reprises, l'Élysée s'est dit persuadé qu'il s'agit du bon moment.

"En sortie de crise sanitaire, ça donne un souffle de liberté, d'audace, du rêve... Le projet de Christo l'incarne complètement. Il y a une telle énergie, une telle joie, ça fait du bien”, assure-t-il.

Alors que les cordistes continuent de s'affairer place de l'Étoile pour installer tissus et cordes, l'œuvre devrait être officiellement dévoilée le 18 septembre. Elle sera visible jusqu'au 3 octobre.

Elisa Bertholomey avec Gauthier Hartmann