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Tempête Ana: qu'est-ce qu'une tempête?

Des pelleteuses détruisent, le 15 avril 2010, les derniers mobil-homes du camping de la Faute-sur-Mer, entièrement dévasté par la tempête Xynthia

Des pelleteuses détruisent, le 15 avril 2010, les derniers mobil-homes du camping de la Faute-sur-Mer, entièrement dévasté par la tempête Xynthia - Frank Perry-AFP

On parle de vent violent lorsque les vents moyens atteignent au moins 89 km/h et de tempête à partir de 100 km/h.

"La tempête Ana aborde les côtes atlantiques", a prévenu Météo France. En Vendée, où la tempête sera la plus forte, les rafales doivent approcher les 140 à 150 km/h sur la côte. Trente-quatre départements ont été placés en vigilance orange ce lundi matin.

Une large bande traversant la France est en effet en alerte au vent violent, de la Gironde à la Drôme en passant par l'Eure-et-Loire, l'Indre et le Puy-de-Dome à l'intérieur du pays. D'autres départements sont en vigilances pour des risques de vagues-submersion ou de pluie-inondation. Touchant en premier lieu les côtes atlantiques, les rafales se propageront petit à petit sur la région Centre et le nord du Massif Central. Quand parle-t-on précisément de tempête?

Vent violent ou tempête?

La différence entre vent violent et tempête est clairement définie selon des critères météorologiques. Alors qu'une vingtaine de départements ont été placés en vigilance orange au vent violent, Météo France précise que la dénomination 'vent violent' "s'applique en météorologie aux vents de force 10 à 12 sur l'échelle de Beaufort, c'est-à-dire aux vents moyens atteignant au moins 89 km/h (valeur minimale de la force 10)".

Une tempête est quant à elle "une zone étendue de vents violents générés aux moyennes latitudes par un système de basses pressions (dépression)". Elle s'accompagne en général de fortes précipitations. Et survient le plus souvent, en zone tempérée, en période hivernale en raison d'une instabilité atmosphérique.

Pour caractériser sa sévérité, les valeurs de rafales de vent maximales enregistrées mais aussi la durée de l'événement et la surface de la zone affectée par les vents les plus forts (rafales supérieures à 100 km/h ou plus) sont prises en compte. "Ainsi, les tempêtes qualifiées de 'majeures' au niveau national affectent plus de 10% du territoire." 

  • Cependant, "l'usage veut que les météorologues nomment 'tempêtes' les rafales de vent approchant les 100 km/h dans l'intérieur des terres et 120 km/h (voire 130 km/h) sur les côtes". Une tempête peut avoir un diamètre de l'ordre de quelques centaines à quelques milliers de kilomètres et une durée de vie pouvant aller jusqu'à une semaine. Au-delà de 117 km/h, on parle d'ouragan.

Lothar et Martin en décembre 1999

En France métropolitaine, plusieurs tempêtes ont marqué les esprits. Lothar, les 25 et 26 décembre 1999, est considérée comme la plus sévère depuis 1980. Elle a balayé le nord du pays avec des rafales supérieures à 140 km/h de la Bretagne à l'Alsace. Des rafales de 173 km/h ont été enregistrées à Saint-Brieuc et Orly, 169 km/h à Paris et 155 km/h à Nancy. Le lendemain, Martin - les 27 et 28 décembre 1999 - a balayé le sud de la France. Localement, des rafales de 198 km/h et 194 km/h ont été mesurées à Saint-Denis-d'Oléron et Royan, dépassant ainsi les maximales observées la veille lors du passage de Lothar.

Ces deux tempêtes, qui ont touché 60% du territoire, ont provoqué la mort de 92 personnes partout dans l'Hexagone. Des rafales de vent de plus de 500 km/h ont été mesurées vers 9.000 m d'altitude, ce qui est colossal. Les dégâts ont été considérables, allant jusqu'à changer profondément le visage des forêts françaises. Cette catastrophe avait poussé Météo France à réformer son dispositif d'alerte.

Klaus puis Xynthia en 2009 et 2010

Le 24 janvier 2009, Klaus a affecté le sud-ouest du pays. Moins étendue que les deux précédentes, cette tempête a provoqué des rafales de 191 km/h au cap Béar et 184 km/h à Perpignan. Ses vents forts ont parfois duré plus de dix heures. Ses conséquences ont fait 12 morts en France, principalement dus par la chute d'objets, comme des arbres, ou des asphyxies.

Enfin les 27 et 28 février 2010, Xynthia a traversé la France des régions vendéennes et charentaises jusqu'au nord-est, faisant 59 morts dont 29 uniquement à la Faute-sur-Mer. Il s'agissait essentiellement de personnes âgées et de jeunes enfants qui ont péri noyées après la submersion de la digue censée protéger leurs habitations. La conjonction de vents violents à une forte marée a eu pour conséquence une élévation du niveau de la mer, causant d'importantes inondations. La tempête a provoqué près de deux milliards d'euros de dommages.

Céline Hussonnois-Alaya