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Fuite d'hydrocarbures dans les Yvelines: Rugy affiche sa "fermeté" envers Total

Huit hectares de champs, ainsi que des rivières et des rus, ont été touchés dans la nuit de dimanche à lundi par cette fuite de 900 m3 de pétrole brut.

Le ministre de la Transition écologique François de Rugy a affirmé ce mercredi qu'il serait "extrêmement ferme vis-à-vis de la société Total" après la fuite d'hydrocarbures, encore inexpliquée, qui est survenue dans les Yvelines.

Huit hectares de champs, ainsi que des rivières et des rus, ont été touchés dans la nuit de dimanche à lundi par une fuite de 900 m3 de pétrole brut, provenant d'un pipeline reliant Le Havre (Seine-Maritime) et Grandpuits (Seine-et-Marne), selon un nouveau bilan fourni ce mercredi par la préfecture.

Les travaux de dépollution entamés

La fuite a été jugulée mardi au petit matin et des travaux ont commencé pour circonscrire la pollution. Des barrages de rétention et cinq stations de pompage ont été mis en place sur les cours d'eau, ont indiqué des représentants de Total sur place.

"Nous aurons sans aucun doute un chantier de dépollution qui durera plusieurs mois", a déclaré François de Rugy. "Je le suivrai de près, le ministère de la Transition écologique et solidaire sera extrêmement ferme vis-à-vis de la société Total", a-t-il assuré.

Ce pipeline de 268km, construit en 1967, avait déjà connu un accident similaire en mai 2014 à Saint-Vigor-D'Ymonville (Seine-Maritime)."A la suite de cet accident, il avait été institué un contrôle systématique, régulier", a déclaré le ministre. "Cela n'a manifestement pas suffi ici dans les Yvelines, donc nous aurons ensuite à tirer toutes les conséquences avec le groupe Total, avec les autres gestionnaires de pipelines en France, pour assurer la sécurité du transport des hydrocarbures", a-t-il estimé.

Un comité de suivi mis en place

Un comité de suivi doit être mis en place et une enquête environnementale menée "dans les 15 jours", a ajouté le ministre. Depuis la fuite, la raffinerie de Grandpuits a été ralentie et sera prochainement arrêtée, mais cela n'aura pas d'impact sur l'approvisionnement de l'Ile-de-France, a-t-on indiqué chez Total.

Depuis 2014, "plus d'une centaine de points" du pipeline ont été auscultés, "5 réparations" ont été menées et une route nationale a été déviée près de Paris, a affirmé Michel Charton, responsable raffinage et chimie Europe pour Total.

Plusieurs mois de travaux

Pour cette nouvelle pollution, "à ce stade", les nappes phréatiques ne sont pas touchées. Le recensement des zones touchées doit se poursuivre, a-t-il dit. Le chantier nécessitera ensuite d'évacuer les terres polluées, ce qui prendra "plusieurs mois", a assuré Michel Charton, qui a précisé que le groupe pétrolier prendrait en charge le coût des travaux et l'indemnisation des deux agriculteurs céréaliers concernés par la pollution et dont la récolte annuelle est perdue sur ces surfaces.

Cyrielle Cabot avec AFP