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Crues: les Yvelines sont sous l'eau et la Normandie se prépare au pire

Si une lente décrue s'amorce à Paris, la situation demeure compliquée en aval de la capitale où les eaux continuent à monter. Les habitants s'organisent pour faire face.

Alors que 12 départements sont encore en vigilance orange pour des risques de crues mardi matin, l'inquiétude grandit en aval de Paris. Certes, la Seine a atteint à Paris lundi son pic de crue, nourrie par des pluies historiques. Le scénario catastrophe d'une crue historique comme celle de 1910, où la Seine avait atteint 8,62 m à Paris, a été évité. Mais la décrue s'annonce lente avec pour les riverains des conséquences pendant plusieurs jours encore. Et c'est surtout dans les Yvelines et en Normandie, en val de la capitale, que la situation reste préoccupante alors que 12 départements demeurent mardi en vigilance orange pour inondations.

Sur les boucles du fleuve, après Paris, la hausse devait se poursuivre jusqu'en milieu de semaine, prévoit Vigicrues, à des niveaux supérieurs à ceux de 2016 en raison de l'apport de l'Oise. En Ile-de-France la préfecture précisait lundi que 1500 personnes avaient dû être évacuées. La situation est particulièrement critique dans les Yvelines. 

Les Yvelines, à 10 cm près

Dans les Yvelines les riverains se sont réveillés mardi les pieds dans l'eau. Ainsi Alexandre, 52 ans, qui, à Villennes-sur-Seine, "surveille en permanence le niveau": "il y a 30 cm d'eau au rez-de-chaussée, où il y a une chambre, une chaufferie, une lingerie. On reste au premier étage, (mais) encore 10 cm et on devra évacuer la maison".

Selon Karl Olive, le maire de Poissy. "Les administrés sont exaspérés de s'entendre dire: ça s'arrête, ça s'arrête", lance-t-il au bord de l'eau. Derrière lui, les bancs des bords de Seine ont été effacés par les flots et lundi midi, les pompiers débarquaient de leur bateau une vingtaine de chèvres et de mouflons évacués d'un petit îlot de Seine mangé par les eaux.

"On est plus haut qu'en 2016, ça, c'est clair", lance Olivier Gremillet, patron du restaurant l'Esturgeon, dont une salle de séminaires était envahie d'une eau vaseuse qui a obligé le chef à aller chercher le vin pour ses clients en cuissardes dans la cave inondée.

L'eau se déplace vers la Normandie

En Normandie, les habitants se préparent au pire. Vigicrues a placé lundi en vigilance orange la Seine dans l'Eure et en Seine-Maritime, du fait aussi de forts coefficients de marée attendus cette semaine.

"Un épisode pluvieux va survenir (à compter de mercredi, notamment sur le nord-est, ndlr), il paraît modéré, il faut faire attention", a dit le ministre. Ensuite "on va faire en sorte de porter notre attention" sur l'impact des marées.

A l'origine de ces crues qui ont aussi touché l'est et le sud-ouest du pays, des pluies records tombées sur des sols saturés. Selon Météo-France, le pays a connu sur décembre-janvier un cumul moyen record depuis 1959, année de début de la modélisation de la pluviométrie: plus de 282 mm.

Selon une étude scientifique publiée lundi, ce type d'inondations devrait se multiplier en Europe en raison du réchauffement climatique, l'air chaud contenant plus d'humidité: dans le scénario le plus optimiste, les dommages doubleraient, à environ 15 milliards d'euros par an, et le nombre de personnes affectées augmenterait de 86%, soit environ 650.000 par an.

D. N. avec AFP