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Les inondations vont se multiplier en Europe, selon une étude

Villennes-sur-Seine inondé, le 29 janvier 2018

Villennes-sur-Seine inondé, le 29 janvier 2018 - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Dans le meilleur des cas, le nombre de personnes affectées par les inondations augmenterait d'environ 650.000 cas par an, estiment les auteurs d'une enquête publiée ce lundi.

Encore un effet néfaste du réchauffement climatique. Les inondations telles que celles que connaît la France en ce mois de janvier risquent de se multiplier en Europe en raison de ce phénomène mondial, même si celui-ci était limité à 1,5°C, selon une étude publiée ce lundi.

Les auteurs de cette enquête publiée par la revue Climate ont passé en revue trois scénarios, allant d'un réchauffement des températures moyennes de +1,5°C à +3°C par rapport à l'ère pré-industrielle. "Ce travail confirme que les impacts du changement climatique sur le risque inondation en Europe sont étendus et importants", commentent les auteurs de l'étude, à laquelle était associé le Centre commun de recherche de la Commission européenne.

Les dommages vont plus que doubler

Dans le scénario le plus optimiste, la facture des dommages causés par les débordements de cours d'eau en Europe va plus que doubler, à environ 15 milliards d'euros par an. Le nombre de personnes touchées par les inondations augmenterait, lui, de 86%, soit environ 650.000 personnes par an.

Mais en cas de hausse des températures de 3°C, les dommages monteraient de 145% à environ 17 milliards d'euros par an, et 780.000 personnes seraient touchées (+123%).

"Nos résultats montrent que d'importants impacts peuvent être évités en limitant le réchauffement climatique au seuil de température le plus bas", affirment les scientifiques, avant d'ajouter: "Néanmoins, une augmentation considérable du risque d'inondations est prédit en Europe même en cas de scénario le plus optimiste de +1,5°C".

Des projections cruciales

Pour rappel, l'accord de Paris sur le climat, signé en 2015, vise à contenir la hausse de la température sous le seuil critique de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, voire 1,5°C. Les États signataires se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Mais sur la base de ces engagements nationaux, la planète se dirige toujours vers +3°C.

Déjà, une hausse de 1°C a suffi à provoquer le rétrécissement de la banquise, l'augmentation du niveau moyen des océans, tout en augmentant les précipitations. L'air plus chaud contient en effet plus d'humidité, ensuite libérée sous forme de pluie ou de neige.

Les inondations, dont les impacts sont aggravés par l'urbanisation, font déjà partie des catastrophes naturelles les plus coûteuses en Europe. Des projections précises du rythme du changement climatique sont cruciales en terme de prévention des risques.

Record de précipitations en France

La France a connu sur les deux mois de décembre-janvier un cumul moyen de pluies record depuis le début de la modélisation de la pluviométrie en 1959, selon Météo-France.

Ces pluies, associées à des sols saturés, ont provoqué la crue de nombreux cours d'eau, en particulier dans le bassin de la Seine, entraînant des inondations notamment en région parisienne. La Seine a atteint ce lundi à Paris son pic de crue, et la décrue devrait commencer très lentement à partir de mardi dans la capitale.

J.P. avec AFP