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Coronavirus: au Cap-Vert on se rue sur le fenouil, un faux remède

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Une rumeur venue du Brésil attribue à tort les bienfaits des infusions de fenouil pour lutter et prévenir contre le coronavirus chinois. De quoi faire exploser les prix au Cap Vert, un pays pourtant épargné par l'épidémie à l'heure actuelle.

Les infusions de fenouil, solution miracle pour prévenir et lutter contre le coronavirus? C'est évidemment faux. Mais cette rumeur, venue du Brésil, a eu une conséquence inattendue au Cap-Vert, où les ventes de cette plante herbacée sur les marchés ont explosé, au point que la demande, si forte, a fait doubler les prix. Ce phénomène est d'autant plus surprenant qu'aucun cas avéré de coronavirus n'a été détecté dans ce pays, ni dans aucun autre d'Afrique, depuis l'apparition de l'épidémie en Chine, début janvier.

"Deux mains pleines de fenouil étaient vendues 50 escudos (50 centimes d'euros), mais maintenant, c'est 100 escudos", témoigne Rosa Almeida, une vendeuse de Praia, capitale de cet archipel de l'océan Atlantique au large du Sénégal. Son stock de fenouil épuisé, elle a été contrainte d'aller s'approvisionner à Rui Vaz, l'une des régions les plus montagneuses de Santiago.

"Le fenouil est généralement acheté pour traiter les problèmes digestifs. Mais maintenant, les gens en achètent beaucoup plus et disent que c'est pour prévenir le coronavirus", explique de son côté Fatima Semedo, une autre vendeuse au marché de la capitale Praia.

"Cela ne repose sur rien"

À l'origine de ce soudain engouement, constaté depuis le début de la semaine dernière: un message viral venu du Brésil et ayant circulé de pages Facebook en discussions WhatsApp, affirmant qu'un infectiologue brésilien aurait recommandé de boire du thé au fenouil deux fois par jour pour lutter contre le virus.

"Cela ne repose sur rien", tranche un responsable de l'Institut Pasteur à Paris, coupant l'herbe sous le pied d'une rumeur que les autorités capverdiennes ont également démentie.
L.A. avec AFP