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Changement climatique: ces animaux menacés de disparition d'ici 2080

Un panda dans le centre de reproduction et de conservation du panda géant de Chengdu (Sichuan), en Chine, le 9 septembre 2016.

Un panda dans le centre de reproduction et de conservation du panda géant de Chengdu (Sichuan), en Chine, le 9 septembre 2016. - WANG ZHAO / AFP

D'ici 2080, si rien n'est fait pour ralentir le réchauffement climatique, la moitié des espèces sont menacées de disparaître dans les zones les plus riches en faune et en flore. L'ONG WWF tire la sonnette d'alarme dans un rapport paru ce mercredi.

Nouveau cri d'alarme du WWF. Dans une étude réalisée en partenariat avec le Tyndall Centre for Climate Change de l'Université d'East Anglia en Grande-Bretagne et publiée ce mercredi, l'ONG spécialisée dans la protection de l'environnement alerte sur l'impact du changement climatique sur la biodiversité. Cette étude cible en particulier les conséquences du réchauffement climatique sur les 35 Ecorégions prioritaires identifiées par le WWF à travers le monde. De l'Amazonie à l'Himalaya, en passant par la Méditerranée, ces régions sont reconnues pour être les plus riches en faune et en flore.

D'après les conclusions de l'étude, si rien n'est fait pour ralentir le réchauffement climatique et qu'il atteint 4,5 degrés d'ici 2080, 50% des espèces de ces Ecorégions sont menacées de disparition. Dans le cas d'un tel scénario, seules 18% de ces régions resteraient climatiquement adaptées pour les espèces qu'elles abritent actuellement. Dans le cas d'un réchauffement atteignant 2 degrés, le seuil fixé par les Accords de Paris sur le climat, le risque serait divisé par deux: 25% des espèces seraient alors menacées de s'éteindre. Parmi les animaux menacés, six en particulier sont cités par le WWF.

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Infographie animaux menacés
Infographie animaux menacés © Emeline Gaube / BFMTV

L'éléphant d'Afrique

Des températures plus chaudes et des pluies plus rares auront un impact direct sur la population des éléphants d'Afrique, dont la survie dépend étroitement des ressources en eau. Ces pachydermes en consomment 150 à 300 litres par jour et l'utilisent pour jouer et se baigner. Leur comportement change quand les températures augmentent: ils mangent moins et se reposent davantage, passant plus de temps dans l'eau et à l'ombre. Si les ressources en eau diminuent, ils entreront en outre en compétition avec les hommes pour y avoir accès. 

Eléphants d'Afrique
Eléphants d'Afrique © AFP

Le panda géant

Le risque principal encouru par les pandas géants est d'être contraints de se déplacer vers des latitudes et des altitudes plus élevées à mesure que leur habitat naturel deviendra plus chaud et plus sec. Or le bambou, sur lequel repose toute leur alimentation, ne les suivra pas vers ces nouvelles régions. L'espèce serait alors gravement menacée si ses apports nutritionnels deviennent insuffisants. 

Panda géant
Panda géant © Wang Zhao - AFP

Le lycaon

Les lycaons, aussi appelés chiens sauvages d'Afrique, sont très sensibles à la chaleur. Ils chassent donc pendant les heures les plus fraîches de la journée. Si la température augmente, ils seront contraints de réduire leurs périodes de chasse, et auront donc moins de nourriture, ce qui réduira l'espérance de vie de leurs petits. Cette espèce est en outre très vulnérable aux maladies, dont la diffusion serait accrue par une hausse des températures. 

Lycaons
Lycaons © Tiziana Fabi - AFP

Le lémurien

Le risque pour cet animal, dont les 57 espèces sont présentes uniquement sur l'île de Madagascar, est de voir ses aires de répartition fortement réduites dans le cas d'un réchauffement allant de 2 à 4 degrés. Trois zones de refuge principales ont été identifiées: la péninsule de Masoala, les abords du fleuve Mangoky, ainsi qu'une zone du Nord-Ouest de l'île où se trouve le parc naturel d'Ankarafantsika. 

Lémurien
Lémurien © Patrick Pleul / dpa / AFP

Les tortues marines

Pour les trois espèces de tortues marines présentent en Méditerranée (tortue luth, tortue verte et caouanne), le risque pèse sur leurs zones d'alimentation et de reproduction. La température du sable où elles pondent détermine le sexe des tortues encore dans l'oeuf. Des températures plus élevées pourraient conduire à la naissance uniquement de femelles, voire à réduire le taux de survie des bébés, quel que soit leur sexe.

De plus, les phénomènes climatiques extrêmes liés au réchauffement et la hausse du niveau des mers contribuent à détruire ou modifier les sites de nidification de ces espèces. 

Tortue marine
Tortue marine © Roslan Rahman - AFP

Le wallaby des rochers

Cet animal vit uniquement en Australie, dans des zones rocheuses disposant de grottes pour lui permettre de survivre à des conditions climatiques extrêmes. WWF pointe pour lui des risques sur son alimentation et sa diversité génétique. Du fait de sa petite taille, il a besoin d'une alimentation de grande qualité, or la structure des végétaux dont il se nourrit se modifiera avec la hausse des températures. Il se retrouverait en outre contraint de vivre en zones côtières si l'aridité de son espace naturel s'accroît.

Le wallaby des rochers vit enfin en colonie de 5 à 100 individus, ce qui permet d'entretenir un brassage génétique sain. Si la population est amenée à se fragmenter sur le territoire, ses capacités à affronter les changements climatiques pourraient être compromises.

Le wallaby des rochers
Le wallaby des rochers © Capture WWF
Charlie Vandekerkhove