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50% des espèces vivant dans les écorégions risquent l'extinction d'ici 2080

Un rapport de l'association WWF, en partenariat avec le Tyndall Centre for Climate Change de l'université d'East Anglia, rendu public ce mercredi assure que si le réchauffement climatique venait à atteindre 4,5°C, 50% des espèces vivant dans les régions à la biodiversité la plus riche pourraient disparaître d'ici à 2080.

50%. C'est le pourcentage des espèces susceptibles de s'éteindre dans les régions de la planète à la biodiversité la plus riche, les écorégions, d'ici à 2080 si le réchauffement climatique affole les thermomètres de 4,5°C supplémentaires. Or, c'est la hausse qui nous est promise si l'humanité ne change rien à sa marche actuelle. C'est l'enseignement alarmant dispensé par l'association WWF, en partenariat avec le Tyndall Centre for Climate Change de l'université d'East Anglia, dans un rapport intitulé La nature face au choc climatique rendu public ce mercredi. Ces travaux font ce même jour l'objet d'une publication dans la revue scientifique Climatic Change.

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- © Emeline Gaube / BFMTV

Certaines écorégions sont particulièrement vulnérables

En revanche, si les Etats parvenaient à respecter l'engagement le moins ambitieux conclu au moment de l'Accord de Paris, maintenant la hausse générale des températures sous les 2°C, on passerait de 50% à 25% des espèces menacées au sein des écorégions. 

Cependant, même sous les 2°C de réchauffement planétaire, quelques-unes des 35 écorégions prises en compte dans l'étude apparaissent comme hautement vulnérables, et leurs populations végétales et animales avec elles: il s'agit de l'Amazonie, du plateau des Guyanes, du sud-ouest de l'Australie, des forêts du Miombo, en Afrique, la côte est de ce continent, et la Méditerranée. 

Plantes, amphibiens et reptiles les plus menacés

Trois scénarios ont été étudiés dans l'élaboration du rapport. Dans le premier, les auteurs ont imaginé une augmentation de la température moyenne mondiale de 2°C, dans le deuxième, de 3,2°C, et enfin de 4,5°C. Cette dernière possibilité, particulièrement catastrophique, est surnommée le "scénario du laisser-faire", c'est-à-dire qu'elle correspond au cours actuel des émissions secrétées par l'activité humaine. Ce cas pourrait donc être à l'origine d'une hécatombe écologique. 

"Qu'attendons-nous pour cesser de détruire les espèces et les espaces qui composent la planète, alors que nous savons pertinemment que nous ne pourrons pas vivre sur une planète mort", a dit à ce propos Pascal Canfin, directeur général de WWF France, cité dans le communiqué de presse de l'ONG internationale. 

Le rapport met aussi en exergue la nécessité de mettre en place des mesures d'adaptation dans ces écorégions afin de permettre aux espèces pouvant se déplacer de trouver des "refuges climatiques" via des corridors écologiques. De ce point de vue, les plantes, les amphibiens et les reptiles apparaissent comme les éléments les plus fragiles du monde du vivant. Enfin, les travaux appellent à réduire nos émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial et à changer nos modèles de production et de consommation. 

Robin Verner