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Yémen: pour Florence Parly, il n'y a pas de "preuves" de "victimes d'armes françaises"

La ministre des Armées a toutefois confirmé que des armes françaises avaient bien été vendues à l'Arabie Saoudite en vertu de partenariats de long terme.

Invitée de Jean-Jacques Bourdin ce mercredi matin sur les antennes de BFMTV et de RMC, la ministre des Armées Florence Parly a été très longuement interrogée quant aux documents confidentiels révélés par plusieurs médias en avril passé. Dans ces derniers, il aurait été question d'armements fabriqués en France, vendus à l'Arabie Saoudite, et qui auraient fait feu sur le Yémen, pays en proie a une grave crise humanitaire. 

"Je suis destinataire de ces dossiers, contrairement à d’autres qui n’ont pas à les avoir entre les mains car ce sont des documents classifiés. Je n’ai pas l’habitude de commenter des notes qui sont classifiées et ce n’est pas devant votre micro que je vais le faire", a expliqué la ministre, avant d'assurer que "lorsqu’on divulgue des documents classifiés on s’expose à des sanctions."

Pas "d'éléments de preuve"

De nouveau questionnée sur certains canons français d'une portée de 42km qui seraient postés à la frontière yéménite, Florence Parly a assuré ne pas avoir "d'éléments de preuve permettant de dire que les victimes au Yémen sont victimes d'armes françaises." 

"Je dis qu’il y a des armes françaises qui ont été vendues a l'Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis en vertu de partenariats de long terme", a-t-elle toutefois corrigé.

Après avoir assuré avoir, pendant près de deux heures, abordé ce mardi le sujet des ventes d'armes à l'Arabie Saoudite devant la commission de la Défense, la ministre a également souligné que "la priorité de la France est que la guerre cesse." 

"Nous soutenons tous les efforts que l’envoyé spécial de l’ONU a mis en place. Des pas ont été faits pour qu’un redéploiement des rebelles soit fait et qu’un cessez-le-feu survienne, mais cette discussion patine." 

"Partenaires importants" 

Quant à un possible retour sur les accords avec les pays de la péninsule arabique, Florence Parly a tenu a clarifier la situation. 

"Ce sont des partenaires importants pour le pays. La France a des intérêts dans cette région et 40.000 ressortissants y vivent. Le détroit de Bab-el-Mandeb est également fondamental pour les hydrocarbures et tous les conteneurs en provenance d'Asie y passent."

Elle a conclu en assurant que les attentats de Charlie Hebdo avaient été réalisés par al-Qaïda dans la péninsule arabique et qu'à l'heure actuelle, les Emirats arabes unis étaient un allié majeur dans la lutte contre ce groupe terroriste. Un prochain "chargement d'armes" sur un cargo saoudien est également prévu dans les jours à venir, a-t-elle conclu. 

Hugo Septier