BFMTV

Vin: la Chine boit moins chic, le commerce français trinque

Un Chinois au salon du vin de Hong Kong, en mai 2014, regardant des bouteilles de Champagne.

Un Chinois au salon du vin de Hong Kong, en mai 2014, regardant des bouteilles de Champagne. - Philippe Lopez - AFP

Les ventes de vins français, Champagne et spiritueux vers la Chine sont en forte baisse au premier semestre 2014. La Chine étant le 5e meilleur client des producteurs viticoles français, les conséquence sont importantes.

Les effets de la politique "anti bling-bling" et anti-corruption des autorités chinoises se font durement ressentir pour les vins et spiritueux français, dont les exportations accusent un recul de plus de 7% au premier semestre.

Alors que l'Empire du milieu s'est hissé en moins de dix ans au 5e rang des meilleurs clients étrangers, ses achats, plutôt dans le haut de gamme, ont brusquement fondu sur les six premiers mois de 2014: -9% en volume mais près d'un tiers (-28%) en valeur, selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS).

Forte chute des ventes de Cognac 

"C'est clairement la lutte contre les extravagances décidée début 2013 qui a impacté les produits à plus forte valeur ajoutée comme les grands cognac et les vins de Bordeaux" a expliqué mardi à Pierre Genest, directeur général adjoint de la Fédération.

"La décision chinoise nous pénalise d'autant plus que, soudaine, elle n'a pu être anticipée et qu'elle cible les produits les mieux valorisés" poursuit-il. Au premier semestre, les exportations de vins et spiritueux ont atteint 4,8 milliards d'euros, en baisse de -7,3% par rapport à 2013. Les spiritueux seuls ont totalisé 1,5 milliard. Le cognac, qui constitue les deux tiers du chiffre d'affaires dans cette catégorie, a reculé de 12% (en valeur).

-28% pour le Bordeaux

Les exportations de vins ont baissé plus modérément en volume (-3,5%), avec 68,2 millions de caisses, mais représentent une perte de 7% en valeur (3,3 milliards). Car si le champagne poursuit sa progression à l'export (+6%), les bordeaux ont encaissé un recul de 28%, en particulier sur le marché chinois.

La Chine est-elle seule responsable, alors que la région Asie progresse en Corée du Sud ou en Malaisie? Dans la pratique oui, car le Royaume-Uni, second marché à l'export derrière les Etats-Unis, est en baisse de 20%. Or ce pays sert notamment de plateforme à la réexportation vers... la Chine, note la FEVS.

M. P. avec AFP