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Une étude réalisée aux Etats-Unis alerte sur l'omniprésence de particules de plastique dans l'air

Image d'illustration - Une femme assise sur la rive sud du Grand Canyon, le 13 février 2017

Image d'illustration - Une femme assise sur la rive sud du Grand Canyon, le 13 février 2017 - Rhona Wise - AFP

Transportées par la pluie et le vent, 1000 tonnes de particules de plastique arrivent chaque année dans les zones protégées américaines, selon une étude publiée ce vendredi.

1000 tonnes de particules de plastique chaque année. Dans un nouveau rapport, publié ce vendredi dans la revue Science, et relayé par le New York Times, des chercheurs ont établi la présence, même dans les endroits censés être préservés, de particules de plastique dans l'air. Le rapport est intitulé "pluie de plastique dans les zones protégées des États-Unis".

L'étude a fait des relevés dans 11 parcs et espaces naturels nationaux, des lieux parmi les plus isolés des Etats-Unis. Selon leurs résultats, 1000 tonnes de particules de plastique arrivent chaque année dans les zones protégées du sud et du centre-ouest du pays, transportées par la pluie et le vent. Dans 4% des échantillons de poussière testés par les chercheurs se trouvait du plastique.

Des particules transportées par temps sec comme par la pluie

Ces résultats "étaient une vrai surprise", déclare Janice Brahney, scientifique de l'Université de l'Utah, à la tête de l'étude. Elle assure qu'elle et ses collègues ont refait leurs calculs à plusieurs reprises, pensant d'abord avoir fait une erreur. 

D'après leurs observations, les particules de plastique circulent autant par temps humide que temps sec. Les plus grosses tombent avec la pluie ou la neige, et proviennent des environs, transportés depuis les villes. Les plus fines particules arrivent elles par temps sec, et peuvent provenir de très loin, d'autres pays par exemple.

"La plupart de ces particules de plastique sont des microfibres synthétiques utilisées pour fabriquer des vêtements", explique le résumé de l'étude, mais comme le précise le NYT, elles proviennent aussi de tapis, de revêtements industriels, et d'équipements de plein air comme les tentes et les vêtements imperméables.

"Ni coin, ni recoin" sans microplastique sur Terre

Pour les chercheurs, cela signifie qu'une partie des particules de plastique n'est pas forcément transportée depuis l'extérieur du parc, mais laissée sur place par des visiteurs. Les plus grands parcs nationaux américains reçoivent plusieurs millions de visiteurs chaque année, mais selon l'étude, leur impact, parmi les échantillons analysés, est minime. 

Janice Brahney et les autres chercheurs s'inquiètent, en plus des impacts sur l'écologie, des résultats sur la santé. Selon plusieurs autres études, l'homme ingère plusieurs dizaines de milliers de micro-particules de plastique par an. L'impact sur son organisme n'est pas encore clair, mais l'Organisation Mondiale de la Santé ou encore la Commission européenne mettent en garde contre des risques potentiels.

"On prévoit que 11 milliards de tonnes de plastique s'accumuleront dans l'environnement d'ici 2025", rappelle l'étude, soulignant ainsi que des fragments de plastique vont continuer à être dispersés dans l'air.

En août 2019, une étude écrivait que de l'Arctique aux Alpes, des minuscules particules de plastique transportées par le vent avaient été détectées, déversées par la neige. "Il n'existe ni coin, ni recoin sur la surface de la Terre sans microplastiques", déclare Janice Brahney.

Salomé Vincendon