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Un an après, les familles exigent la transparence

L'empennage de l'Airbus A330-200 repêché par l'armée brésilienne. Un an après la disparition du vol Rio-Paris d'Air France dans l'Atlantique, les familles dénoncent toujours l'opacité de l'enquête et réclament le lancement d'une quatrième phase de recherc

L'empennage de l'Airbus A330-200 repêché par l'armée brésilienne. Un an après la disparition du vol Rio-Paris d'Air France dans l'Atlantique, les familles dénoncent toujours l'opacité de l'enquête et réclament le lancement d'une quatrième phase de recherc - -

Un an après la disparition du vol Rio-Paris d'Air France dans l'Atlantique, les familles dénoncent toujours l'opacité de l'enquête et...

PARIS (Reuters) - Un an après la disparition du vol Rio-Paris d'Air France dans l'Atlantique, les familles dénoncent toujours l'opacité de l'enquête et réclament le lancement d'une quatrième phase de recherches de l'épave.

Elles organisent mardi une cérémonie d'hommage au parc floral de Vincennes, près de Paris, où 1.200 personnes sont attendues, et élèveront une stèle en mémoire des 228 victimes, disparues dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009.

"Ce triste anniversaire ne doit pas être un départ sur la route de l'oubli et de l'indifférence", écrit Jean-Baptiste Audousset, président d'une des associations de familles de victimes, "Entraide et solidarité AF447".

Dans un communiqué, l'association demande au secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, qui assistera à la cérémonie de Vincennes, de s'engager "à une totale transparence."

Des débris, dont l'empennage de l'avion, ont été repêchés après l'accident, ainsi qu'une cinquantaine de corps.

Mais trois phases de recherches dans l'Atlantique, à l'aide de robots sous-marins, n'ont pas permis de retrouver l'épave de l'Airbus A 330-200 et, surtout, les boîtes noires susceptibles d'expliquer les causes de la catastrophe.

L'enquête technique a mis en évidence la responsabilité des sondes Pitot de mesure de la vitesse de l'AF447, mais le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) ne veut y voir qu'un élément d'une "chaîne d'événements" ayant conduit à l'accident.

"RAPPORTS TENDANCIEUX, INCOMPLETS"

Le Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL) d'Air France a critiqué, fin mai, la gestion du problème des sondes Pitot, 32 incidents ayant été répertoriés avant la disparition du vol AF447.

Outre l'attitude de la compagnie sur la question des sondes Pitot, la colère des familles a été ravivée par une "bataille d'experts" entre le ministère français de la Défense et le BEA sur la possible localisation des boîtes noires.

Selon Le Figaro, le BEA aurait indiqué une zone qui n'était pas la bonne à la mission chargée des recherches dans l'Atlantique.

Lundi, Me Alain Jakubowicz, l'un des avocats des familles, a une nouvelle fois accusé les autorités de ne pas vouloir faire toute la lumière sur cet accident et a exigé que les familles soient associées aux développements de l'enquête.

"Il manque dans les rapports du BEA les analyses sur les rapports d'autopsie. Les enquêteurs minimisent le rôle des sondes Pitot", a-t-il notamment dit aux journalistes.

L'association "Entraide et Solidarité AF447" se livre, sur son site internet, à un véritable réquisitoire sur l'attitude des autorités compétentes.

"A ce jour, trois pré-rapports ont été rendus, deux pour le BEA et un pour les experts judicaires. Nous réfutons d'ores et déjà ces trois rapports orientés, tendancieux et incomplets", écrit-elle.

Elle dénonce également "l'indigence des recommandations de sécurité" jusqu'alors émises par le BEA et revendique "une participation plus active des familles des victimes à l'amélioration de la sécurité aérienne."

Sur le plan judiciaire, elle juge "désolante" la vacuité du pré-rapport qui engendre, selon elle, "plus de questions qu'elle n'apporte de réponses."

"Aucune responsabilité n'est mise en évidence, les explications techniques sont inexistantes ou inappropriées", estime l'association.

Jean-Baptiste Audousset insiste également sur l'indemnisation du préjudice moral "qui doit être la même dans tous les pays des ressortissants".

Un autre sujet d'incompréhension a surgi : une première proposition d'indemnisation d'une famille aurait été mille fois inférieure à celles versées lors de l'accident du Concorde en 2000 près de Paris, selon l'association.

Gérard Bon, édité par Sophie Louet