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Tokyo lutte pour éviter le scénario d'une catastrophe nucléaire

Une explosion d'hydrogène s'est produite lundi au niveau du réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon. Selon le propriétaire de la centrale nucléaire, Tokyo Electric Power (Tepco), cité par l'agence de presse Jiji, l'explosion de

Une explosion d'hydrogène s'est produite lundi au niveau du réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon. Selon le propriétaire de la centrale nucléaire, Tokyo Electric Power (Tepco), cité par l'agence de presse Jiji, l'explosion de - -

par Taiga Uranaka et Ki Joon Kwon FUKUSHIMA, Japon (Reuters) - Une explosion d'hydrogène s'est produite lundi au niveau du réacteur n°3 de la...

par Taiga Uranaka et Ki Joon Kwon

FUKUSHIMA, Japon (Reuters) - Une explosion d'hydrogène s'est produite lundi au niveau du réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon où les autorités tentent d'éviter le scénario d'une catastrophe nucléaire de grande ampleur.

Samedi, au lendemain d'un puissant séisme et d'un tsunami qui pourraient avoir fait plus de 10.000 morts dans le nord-est du pays, une explosion puis une fuite radioactive s'étaient produites au réacteur n°1 de la centrale située à 240km au nord de Tokyo.

Selon le propriétaire de la centrale nucléaire, Tokyo Electric Power (Tepco), cité par l'agence de presse Jiji, l'explosion de lundi n'a pas endommagé le caisson renfermant le coeur du réacteur n°3. Le secrétaire général du gouvernement, Yukio Edano, a pour sa part assuré que cette nouvelle explosion ne devrait pas provoquer une fuite radioactive majeure.

Les autorités locales ont toutefois conseillé aux personnes se trouvant encore dans un rayon de 20km autour de la centrale nucléaire de rester confinées chez elles.

Selon Jiji, sept personnes, dont six soldats, sont portées disparues et Yukio Edano a fait état de six personnes blessées lors de l'explosion.

Le gouvernement avait prévenu qu'une explosion au réacteur n°3 n'était pas à exclure en raison de l'accumulation d'hydrogène.

Dans la nuit de dimanche à lundi, une pompe du système de refroidissement du réacteur n°2 de la centrale de la préfecture d'Ibaraki, à 120km au nord de Tokyo, a cessé de fonctionner.

Le Premier ministre japonais, Naoto Kan, a estimé dimanche que le pays faisait face à la "plus grave crise depuis 65 ans depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale" tout en assurant qu'il ne s'agissait pas d'un nouveau Tchernobyl.

Une chaîne de télévision nippone a par ailleurs fait part de l'arrivée imminente d'un nouveau tsunami lundi avec des vagues de trente mètres de haut mais l'agence météorologique japonaise a fait savoir qu'elle n'avait pas enregistré de signes précurseurs d'un éventuel raz-de-marée.

Après le puissant séisme de magnitude 8,9, les autorités japonaises se sont employées ce week-end à éviter la fusion du coeur des réacteurs et à apporter leur secours aux millions de Japonais privés d'électricité et d'eau courante.

Près de 450.000 personnes ont été évacuées des zones sinistrées et 80.000 autres ont quitté la zone de 20km située autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

Selon la télévision publique NHK, plus de 10.000 personnes pourraient avoir été tuées lors du tsunami. L'agence de presse Kyodo a rapporté que 2.000 corps avaient été découverts lundi sur les rivages de ma préfecture de Miyagi, dans le nord-est du pays.

IMPACT ÉCONOMIQUE

La Bourse de Tokyo a clôturé lundi en baisse de 6,18%.

Toyota, premier constructeur automobile nippon, a annoncé lundi son intention de suspendre l'ensemble de sa production au Japon au moins jusqu'au 16 mars. L'entreprise avait indiqué samedi que l'activité de ses 12 usines japonaises allait être suspendue pour vérifier leur état et garantir la sécurité du personnel.

Pour tenter de rassurer les marchés, la Banque du Japon (BOJ) a injecté lundi 12.000 milliards de yens sur le marché, soit la plus forte injection de liquidités de son histoire.

Selon certaines sources proches du dossier, la banque centrale pourrait discuter d'un éventuel assouplissement de sa politique monétaire dans le cadre d'une réunion lundi.

Près de 70 pays ont proposé leur aide au Japon et une dizaine de nations ont déjà dépêché des équipes de secouristes.

Les autorités françaises ont recommandé à leurs 9.000 ressortissants de s'éloigner de la région de Kantô, autour de Tokyo, en raison du risque de répliques et l'incertitude sur la situation nucléaire.

Les navires de guerre et les avions américains, participant aux efforts de secours, ont quitté temporairement la côte Pacifique du Japon par mesure de précaution en raison d'un faible niveau de radiation en provenance de la centrale nucléaire, a annoncé l'US Navy lundi.

Le séisme survenu vendredi est le cinquième tremblement de terre le plus puissant au monde. Le 1er septembre 1923, un séisme de magnitude 7,9 avait frappé le Kanto (région de Tokyo) et fait 140.000 morts. En 1994, le séisme de Kobe avait fait 6.000 morts.

Marine Pennetier pour le service français

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